Algérie - Revue de Presse

Commémoration du 35e anniversaire de la disparition de l’écrivain L'œuvre de Mouloud Mammeri, un legs «unificateur» des Algériens




Commémoration du 35e anniversaire de la disparition de l’écrivain L'œuvre de Mouloud Mammeri, un legs «unificateur» des Algériens
Publié le 29.02.2024 dans le Quotidien le soir d’Algérie
R.C

A travers ses travaux de chercheur et son engagement actif dans la sauvegarde du patrimoine algérien, Mouloud Mammeri «a su trouver les fils de trame qui unissent tous les Algériens», a souligné, à Tizi-Ouzou, l’écrivain Djamel Laceb, à l’occasion de la commémoration du 35e anniversaire de la disparition de l’intellectuel. A l’issue d’une finale d’un concours «inter-CEM», organisé dans le cadre des activités consacrées à l’œuvre de Mammeri, Laceb a considéré que l’écrivain «a su trouver les fils de trame qui unissent tous les Algériens à travers notamment ses travaux sur l'ahellil, un chant polyphonique emblématique du Gourara». «Mammeri a su arracher ce genre musical à l’oubli et ses travaux ont conduit à son inscription sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'Unesco», a-t-il dit.

Illustrant ses propos, le conférencier a rappelé une des citations de l'anthropologue qui disait : «Lorsque je travaille à mon amazighité, c’est à mon algérianité que je travaille.» Saisissant l'occasion de la présence d’un public juvénile, l’intervenant a mis l’accent sur la nécessité de «pousser très loin l'érudition et la réflexion. Car, dit-il, il ne suffit pas d’être un bon élève ou d’avoir de bonnes notes, il faut ouvrir les portes des bibliothèques, lire des livres, nos classiques surtout, tels que les œuvres de Mammeri, et tant d’autres». Laceb, lui-même auteur, a parlé de Mammeri, de l’homme de lettres et de «son apport incroyable à la culture algérienne et comment il a fait pour que nos traditions survivent, et nos poèmes anciens sortent des griffes de l’oubli». «C’est lui qui a tiré de l'oubli le poète du nom Youcef Oukaci. C’est lui qui a parfait le travail qu’avait entamé Amar Boulifa, et après lui, Mouloud Feraoun sur le poète Si Muhend U M’hend», a rappelé le conférencier.

L’intellectuel a compulsé la poésie de Si Muhend U M’hend qu’il a représentée, selon Laceb, d’«une façon magistrale».

Laceb s'est attardé sur les démarches de recherche et de transmission des connaissances linguistiques de Mammeri, puisque c'est lui qui allait devenir l’artisan de la grammaire de la langue amazighe.

Témoin d'une étape historique difficile de la vie du peuple algérien, Mammeri était «un farouche défenseur de la cause algérienne», a noté l'intervenant. L'engagement de Mammeri pour l'indépendance nationale s’est traduit notamment à travers la signature, en utilisant le pseudonyme «Bouakkaz», de plusieurs textes qu’il écrivait pour les différentes commissions qui allaient plaider la cause algérienne auprès des Nations unies.

Une partie de la «littérature politique» utilisée par le Front de libération nationale (FLN) auprès des instances internationales de haut niveau «était de la conception de Mouloud Mammeri», a relevé le conférencier. Les activités de commémoration du 35e anniversaire de la disparition de Mouloud Mammeri se sont déroulées du 26 au 28 février 2024.

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