Algérie

Cité Emir Khaled (Hassi Bounif)

Les citoyens exigent des comptes Vivant en marge du progrès et du développement, la cité Emir Khaled, dans la commune de Hassi Bounif, est dépourvue de toute infrastructure. Ainsi, ici, les gens n’ont ni structure de santé, ni de sécurité et encore moins de commerce. Ceci, fait-on remarquer, en dépit des crédits colossaux qui lui ont été alloués par les pouvoirs publics ainsi que par la Banque mondiale. A ce sujet, nos sources rappellent qu’en l’espace de 5 ans, de 2002 à 2007, la cité Emir Khaled a reçu 6 milliards de centimes sous forme d’aide. A cette importante somme, 40 autres milliards lui ont été alloués par la Banque mondiale au titre de l’ambitieux programme d’éradication de l’habitat précaire. Nos sources font remarquer que si dans les autres cités auxquelles l’Etat, les collectivités locales et les institutions financières mondiales ont alloué des crédits, ont réalisé des projets structurants, rien de tel n’est venu améliorer le quotidien des habitants de cette cité. A Emir Khaled, il n’y a pas de réseau d’AEP fiable ou d’assainissement, pas non plus de voirie digne de ce nom, ni de structure sanitaire. Pour leurs besoins domestiques, les habitants s’alimentent en eau auprès des citernes auxquelles ils paient un produit dont ni la qualité ni l’origine n’est connue. Cette eau échappant à tout contrôle, il était tout à fait naturel que des maladies soient signalées un peu partout. Ainsi, de très nombreux cas de diarrhées, de fièvre et de vomissements ont été enregistrés après la consommation de cette eau. D’après certains habitants de la cité Emir Khaled, pour satisfaire en partie leurs besoins en eau, ils paient plus de 2000 dinars par mois. Cette situation est davantage aggravée par la raréfaction des eaux souterraines et le tarissement de nombreux puits. On apprend que le réseau d’AEP réalisé depuis seulement 3 ans se trouve hors d’usage ce qui fait que les foyers ne sont pas alimentés en eau. Pour justifier cet état, on attribue ces difficultés au fait que les gens n’ont toujours pas de titre de propriété pour les superficies de terre qu’ils occupent et qu’ils doivent payer, 300 dinars le mètre carré. Selon de nombreux habitants, les gens sont disposés à s’acquitter des sommes exigées d’eux. Au siège de la daïra de Bir Djir où ils se seraient adressés pour verser cet argent, des responsables leur auraient demandé de constituer un comité pour la collecte de ces sommes. On signale aussi que la voirie se trouve dans un état catastrophique. Ceci, dit-on, en dépit de la réalisation de 4 km de route à l’intérieur de cette cité. «Les travaux n’étant pas conformes aux normes, les voies ont vite disparu ou se sont transformées en nids de poule et autres crevasses « se plaignent nos interlocuteurs qui précisent que la route menant de leur cité à Hassi Bounif a connu le même sort. «Ici, assure-t-on encore, le bitume, réalisé l’année dernière par l’ancienne APC, a disparu en plusieurs endroits». La dégradation du cadre de vie et de l’environnement est aggravée par la prolifération des élevages de poulets à l’intérieur de cette importante cité. Réfractaires à l’hygiène, les aviculteurs font fi de la réglementation et jettent fientes et déchets dans la nature et souvent même devant les portes des établissements scolaires. De même source, on signale qu’il n’y a ni poste, ni antenne administrative, ni structure sanitaire pour répondre aux besoins des citoyens. Chose curieuse et inquiétante à la fois, à Emir Khaled, les deux annexes, l’une administrative et l’autre postale, réalisées depuis de longs mois sont toujours hermétiquement fermées et n’ont jamais encore été mises à la disposition de la population qui en a bien besoin. Ces revendications citoyennes seront-elles prises en charge? Khadra A. & N.M.
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