Algérie

C'est l'été

C'est l'été
Farniente pour les uns, évasion lointaine pour d'autres, l'été constitue depuis la nuit des temps la période la plus propice pour se détendre et échapper pendant quelque temps aux dures contraintes de la vie quotidienne.C'est l'été, les vacances et quelle chance pour celles et ceux qui ont les moyens de lever l'ancre et d'aller à la conquête de nouveaux horizons, nous disait, l'autre jour, le jeune Hamza, un agent chargé du service de nettoiement communal qui émarge au filet social. Les plus chanceux parmi les plus nantis, le portemonnaie plein à craquer, n'hésitent pas à larguer les amarres et à prendre le large à la conquête des rivages dorés de la Méditerranée mais en se saignant à blanc. Les tarifs de location de simples studios sur les rives de la bleue, lesquels ont plus que quintuplé, ne sont guère à la portée des bourses modernes comme autrefois.Les tarifs de la location hebdomadaire d'un studio F1 dans l'une des stations balnéaires de la côte ouest du pays dépassent l'entendement, soit 15.000,00 DA la nuitée dans une pièce dont le confort est réduit à sa plus simple expression. Des chefs de famille, fonctionnaires, quand ils n'ont pas de proches résidents permanents dans cette région, optent le plus souvent pour la colocation, moins onéreuse. Quant aux jeunes, plus déterminés et ne regardant point sur les dépenses, ils penchent pour le camping dont les prix oscillent entre 12.000,00 et 15 000,00 DA la semaine, avec comme seule consolation, deux à trois matelas, une table avec quatre chaises et un réchaud lessiveuse pour les besoins de la cuisine en laissant les colonies de vacances aux adolescents issus de familles démunies.Un vrai luxe pour cette nuée de jeunes, des aoûtiens qui envahissent les plages du Nord du pays après le mois de carême. Autres destinations également très prisées par les populations des Hauts Plateaux, les stations thermales de Bouhanifia (w. Mascara) pour les habitués issus des grands centres urbains et enfin celle d'Aïn Ouarka (w. de Naama), distante de seulement une vingtaine de kilomètres de Boussemghoun.Station thermaleUn lieu très privilégié par des éleveurs en particulier, de fidèles curistes accompagnées de toutes leur smala qui prennent d'assaut les campings de cette dernière station thermale, dont les eaux chaudes sont vivement conseillées pour combattre l'arthrose ou les rhumatismes lombaires dans des piscines collectives et c'est le chacun pour soi car l'assistance des kinésithérapeutes n'est réservée qu'à une clientèle haut de gamme prise en charge par le ministère des anciens Moudjahidine, exit le petit peuple qui doit ramener ses provisions et se débrouiller tout seul.Aucune structure commerciale digne de ce nom n'est présente sur les lieux de cette station thermale dotée de quelques bungalows. Les tarifs fixés pour chaque bain sont des plus attractifs et à la portée de toutes les bourses mais gare aux morsures de scorpions très fréquentes dans les aires en plein air réservées aux campeurs ! Toutes les villes, petites et grandes agglomérations, connaissent un regain d'ambiance et d'animation dès le début du mois d'août en particulier lors des mariages célébrés dans des salles des fêtes chèrement louées par d'heureux tourtereaux. Mieux vaut dans ce cas prendre part à la célébration de mariages chez les nomades qui prennent un malin plaisir à faire durer les festivités au de-là d'une semaine. Fantasia, baroud et brochettes grillées sur un feu de bois accompagné d'un couscous agrémenté d'une côtelette d'agneau et de quelques verres de thé à la menthe changeront à coup sûr les idées au plus récalcitrant des convives.Brézina ou porte du désertVéritables trésors inestimables, ces pratiques ancestrales ont traversé les siècles contre vents et marées et se sont imposées au fil des années sous chacune des tentes des nomades des Hauts Plateaux. Autre destination, pour cette même frange de la population, Brézina ou porte du désert dans le Sud de la wilaya qui présente un double avantage pour les vacanciers. D'abord, pour celles et ceux qui préfèrent taquiner la carpe et le maquereau dans les eaux douces et profondes du barrage de l'Arouya.Des baignades assurées également pour les vacanciers mais sous un soleil de plomb capable d'assommer un éléphant. Mais d'autres vacanciers plus futés optent pour la crénothérapie, une activité qui connaît ses heures de gloire durant tout l'été et qui constitue également une manne financière très juteuse pour des centaines de familles qui s'y sont lancées en offrant le gîte, le couvert et les soins aux centaines de curistes charmés et séduits par le paysage féerique offert par ses palmeraies.L'arénothérapie ou mieux encore la psammathothérapie, vivement recommandée pour le traitement des rhumatismes articulaires et la polyarthrite, est une thérapie par le sable qui tend à se développer et à se répandre dans tous les villages et hameaux du sud de la wilaya. Les curistes jouent d'ores et déjà des coudes devant les maisons de ces praticiens qui proposent ce genre de prestations d'un autre genre, décidés à faire fructifier cette activité et en répondants aux v?ux de leur clientèle. Des bains de sable pris dans la cour des habitations de particuliers qui se coupent en quatre pour assister le curiste pendant toutes les séances. Rien ne vaut un clair de lune sur les dunes de Brezina assis sur un piton rocheux. Tel est le titre du nouveau tube repris par les jeunes lors des longues soirées d'été.


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