Algérie

Bush pleure les 4000 soldats américains morts en Irak



Combien de victimes civiles irakiennes tuées depuis 2003 ? Si le bilan opérationnel officiel de l?armée américaine en Irak a atteint le seuil symbolique de 4000 morts avec les récentes attaques, l?on est incapable de préciser le nombre des civils irakiens tués dans cette guerre qui dure depuis cinq sanglantes années. Depuis le début de l?invasion américaine, le 20 mars 2003, plusieurs dizaines de milliers de civils irakiens ont été tués, même si le bilan exact n?est pas établi en raison de la difficulté à recueillir des informations précises. Iraq Body Count, un organisme respecté qui réunit les bilans sur la base des informations de presse, estime qu?entre 82 349 et 89 867 civils irakiens ont péri dans le conflit. Mais selon d?autres estimations, le bilan des civils irakiens tués plafonne à plus d?un million de morts directement liés à la guerre. En février dernier, Ivana Vuco, chargée de la question des droits de l?homme pour la mission d?assistance de l?ONU en Irak, avait admis que faire le bilan des morts civils était « un problème énorme ». « Certains incidents ne nous sont même pas signalés », avait-elle assuré devant la presse, ont rapporté les agences d?information. Lors des opérations militaires d?invasion, entre le 20 mars et le 9 avril 2003, les troupes américaines ont rapidement progressé vers Baghdad, avec une considération limitée pour les civils qui avaient la malchance de se trouver sur leur chemin. Par la suite, les civils ont été les premières victimes des violences terroristes et confessionnelles qui ont précipité le pays dans le chaos, notamment à partir de février 2006, après un attentat contre le mausolée chiite de la ville de Samara. Déjà en juillet 2006, la très sérieuse revue médicale britannique The Lancet avait avancé le chiffre de 655 000 civils morts en raison directe du conflit. Certaines de ces morts frappent l?imagination et provoquent particulièrement la colère des Irakiens : selon l?ONU, 123 civils irakiens ont été tués dans les six derniers mois de 2007 dans des raids de l?aviation américaine censés viser ce que le commandement américain présente régulièrement comme des « terroristes ». En outre, des chiffres officiels irakiens font état de 8000 à 12 000 membres des forces de sécurité irakiennes tués pendant cette période de cinq ans. « Pourquoi le monde se soucie-t-il de 4000 soldats américains tués », s?est interrogé Oum Mohammed, une mère de famille sunnite de 49 ans, dont le mari a été tué il y a 15 mois dans le quartier de Mansour à Baghdad par des hommes armés. « Le monde se soucie seulement des Américains et pas des Irakiens », a-t-elle poursuivi dans un entretien avec l?AFP. Et ce n?est pas le président américain George W. Bush qui contredira Oum Mohammed. La porte-parole de la Maison-Blanche, Dana Perino, a déclaré hier que le président Bush a appris avec « chagrin » que le nombre d?Américains tués en Irak avait atteint 4000 morts et qu?il assume la responsabilité des décisions qu?il a prises. Plus clair, son vice-président, Dick Cheney, a affirmé depuis Al Qods occupé qu?il regrettait « toute victime » américaine tombée en Irak. La précision est de taille, car non seulement ces deux responsables américains ne mentionnent pas les victimes irakiennes mais oublient même les pertes de leurs alliés. Les pays qui ont participé aux côtés des Etats-Unis à l?intervention ont perdu un total de 308 soldats, dont 175 pour la Grande-Bretagne, principal allié de Washington dans l?opération « Liberté pour l?Irak ». Les bilans ne tiennent pas compte des tués dans les rangs des agents de sécurité privés, les nouveaux mercenaires, dont des milliers sont venus travailler en Irak. Les estimations vont de 140 à 900. Le porte-parole de l?armée américaine, Greg Smith, a rattrapé les discriminations de ses supérieurs en déclarant que « toutes les victimes sont égales ».
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