Algérie

Bouteflika cachera-t-il encore longtemps son jeu?

Révision de la constitution, cette arlésienne de l’été La révision de la constitution est devenue, en l’espace de quelques mois, cette arlésienne de l’été. A trois reprises, le chef de l’Etat qui avait l’opportunité de le faire en ce chaud mois de juillet a différé l’annonce laissant pantois et sur leur faim nombre d’observateurs politiques. Pourtant, huit mois seu-lement nous séparent désormais de la date de l’élection présidentielle et aucun candidat sérieux et déclaré ne s’est pour l’instant prononcé. Attendent-ils un signe fort du président Bouteflika pour se lancer dans la course? Ce dernier, et après s’être particulièrement déployé sur la scène internationale en se rendant d’abord à Tokyo pour assister à la réunion du G8 élargi aux pays émergents et ensuite à Sharm El-Cheïkh pour conduire la délégation algérienne à la rencontre de l’Union africaine et à Paris pour le lancement de l’UPM, effectue, aujourd’hui et d’une manière tonitruante, son retour sur la scène nationale, en multipliant les apparitions publiques et les déclarations. Avant-hier, la wilaya de Bouira, fût sa première sortie dans une ville du pays depuis le 8 janvier, date de sa visite à Tamanrasset. Depuis le gel de sa visite à Constantine le mois d’avril dernier, le président Bouteflika aurait-il repris ses habituelles visites sur le terrain avec comme point de mire le mois d’avril 2009? En effet, cette visite représente sa troisième activité nationale en moins d’une semaine, après le premier Conseil des ministres du gouvernement dirigé depuis peu par Ahmed Ouyahia, son traditionnel discours prononcé le 5 juillet dernier devant les cadres de l’ANP et enfin la rencontre avec les maires d’Algérie. S’il a étonné plus d’un lors de son intervention annuelle devant les cadres du MDN où il a complètement dérogé à la règle non pas en annulant sa visite au Tagarins, mais en prononçant un véritable discours-programme, chose qui ne s’est pas produite depuis bien longtemps, le président Bouteflika s’est fendu d’un discours fleuve où il fut notamment question de développement, de la stabilité du pays, des enjeux à venir et des réalisations effectuées jusque-là. A la lecture du discours de 12 pages, il est aisé de croire que le président Bouteflika possède toujours cette envie de continuer son œuvre de redressement. Tout a été minutieusement préparé. Le thème central, les objectifs à définir et enfin les projections futures. La deuxième partie de son discours fut un véritable plaidoyer pour l’avenir et un discours offensif qui cache mal les ambitions futures du président Bouteflika. Qu’il s’agisse d’amélioration des conditions des citoyens en matière de pouvoir d’achat, de l’aide aux catégories vulnérables et aux personnes, à l’amélioration du niveau de vie, ou d’insuffler un nouvel élan au rythme de croissance, de maîtriser l’inflation ou de subventionner les prix des produits de large consommation, le chef de l’Etat pose, ici, les jalons de son futur programme électoral. Il achèvera son discours par une confidence, un exercice de style auquel le président Bouteflika ne s’est jamais prêté jusqu’ici. «J’ai assumé la lourde tâche dans des conditions difficiles, m’y consacrant pleinement avec l’aide de Dieu et le soutien du peuple. J’ai dédié à mes responsabilités toute mon énergie, dévoué à Dieu et à la Nation, fidèle aux engagements pris devant le peuple». Est-ce un signe d’adieu ou bien au contraire une affirmation de son engagement à toujours obéir aux principes qui l’ont guidé depuis son intronisation à la tête de la magistrature suprême du pays en 1999? Saïd Farhi
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