Algérie

Bluff


Ariel Sharon, le Premier ministre israélien démissionnaire, n?a certainement pas lu Clausewitz, ce fameux théoricien de la guerre, ou bien alors ne s?en est jamais inspiré. Le journal marocain qui vient de l?interviewer aurait dû d?abord demander l?avis des Palestiniens sur ce personnage qu?ils ont surnommé le « boucher de Sabra et Chatila ». Ou encore lire les appréciations des chefs du soldat Sharon qui le décrivaient comme un élément « dévoué » au sionisme dans sa version la plus extrême, mais infiniment zélé. Quand il lui était demandé de mettre fin à un soulèvement - un de ceux qui ont suivi l?occupation de la Palestine -, lui, procédait à des massacres. Tout son parcours est d?ailleurs jalonné de cadavres de Palestiniens et d?Arabes, et seul ce journal semble apparemment l?ignorer. Personne pour lui rappeler les nuits d?horreur vécues par les réfugiés palestiniens des camps de Sabra et Chatila au Liban, en septembre 1982. Voilà donc Sharon qui n?a pu à l?époque liquider la direction palestinienne. Ariel Sharon y déclare avoir horreur de la guerre. Voila donc Sharon dans la peau d?un homme de paix. C?est du moins ce que, lui, affirme ou entend faire croire. C?est pourtant lui qui s?est fait élire sur la base de son refus de l?accord d?Oslo. Au soir de son élection en février 2001, son premier geste était de décréter la mort de ce processus. Depuis cette date, il s?emploie, et selon les aveux de son propre entourage, à détruire systématiquement toutes les initiatives de paix, y compris celles qui assurent un accord plus que favorable aux Israéliens. Même s?il a quitté l?uniforme, Sharon reste un partisan de la manière forte pour concrétiser ce rêve expansionniste de « Grand Israël ». Et même s?il lui arrive de parler de paix, c?est aussitôt pour imposer son seul point de vue, ignorant totalement que la paix doit se faire avec son adversaire. C?est ce qui explique sa politique palestinienne, selon laquelle, un bon Palestinien est un Palestinien mort.
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