Algérie

Bétaïm, l?insurgée

Bétaïm, Tiripinthe... qu?importe le sens étymologique des termes, un village de près de 5000 habitants, « coincé » entre Maghnia et le poste frontalier Akid Lotfi, est une sorte de plaie de la commune, en ce sens que sa population juvénile, bien encadrée par l?association du Développement et de la Promotion du village, ne s?empêtre jamais pour revendiquer ses droits. Et parfois, elle le fait bruyamment. « Notre niveau de vie n?est pas à envier, la majorité des habitants est oisive et vit dans le dénuement total. » Et ce qui vient corser le tout, c?est l?augmentation des tarifs du transport rural. « Cette situation risque de mettre en colère les jeunes. Non seulement, il y a un déficit énorme dans les moyens de transport, mais en plus on se permet de majorer les prix du jour au lendemain, sans avertir. » Mais, Bétaïm crie aussi les inégalités sociales : « Nous vivons de la terre, mais pour commercialiser nos produits, nous sommes contraints de nous déplacer à Maghnia, une ville qui étouffe de par tous ses marchés. C?est pourquoi nous interpellons les pouvoirs publics pour l?édification d?un marché de gros qui profitera à tous les agriculteurs des douars avoisinants, et puis une telle infrastructure créera à coup sûr beaucoup de postes d?emploi pour les jeunes. » Ne décolérant pas, un membre de l?association précitée indiquera : « Imaginez que le gaz naturel traverse notre village pour aller au Maroc, mais nous, nous sommes encore à l?ère de la bouteille butane, c?est incongru. » Comment, alors, ne pas être tenté par l?interdit dans une région où l?ogre de la contrebande vous guette ? C?est que Oujda n?est qu?à cinq kilomètres de là. « C?est toujours malin d?accuser les jeunes de s?adonner au trafic, mais qu?a-t-on fait pour les en empêcher, si ce n?est des réactions répressives ? » Comme si le fait d?habiter dans une région frontalière était une tare, « on n?a pas le pouvoir de déplacer les frontières, tu sais ! », souligne mi-amusé, mi révolté Omar, un jeune diplômé en gestion.
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