La question de la réouverture de la frontière entre l'Algérie et le Maroc «pourrait être résolue dans un avenir proche». C'est ce qu'aurait déclaré le ministre de l'Intérieur algérien, selon l'Agence France-Presse. Rien de bien précis, «l'avenir proche» pouvait durer un «certain temps» selon la formule légendaire d'un humoriste français. Certains médias algériens rapportent une formule de Normand selon laquelle les frontières ne peuvent rester «indéfiniment fermées» et qu'elles seront «ouvertes tôt ou tard». L'agence APS est la moins enthousiaste et sans doute la plus réaliste puisque, selon elle, Ould Kablia a qualifié la question des frontières «de très importante» mais qu'on doit régler néanmoins des «questions en suspens».
Les Algériens, fort nombreux même s'ils ne sont pas bien reflétés dans la presse, qui considèrent que le maintien de la fermeture de la frontière n'a pas de sens se contenteront de savoir que les objections à une ouverture immédiate ne sont pas «d'ordre politique». C'est un petit progrès de savoir qu'il n'y a pas de problèmes «politiques». Les divergences totales sur la question du Sahara Occidental - source permanente du blocage même si on s'évertue de le nier - ne sont donc pas un obstacle. Il faut en prendre acte. C'est la route du bon sens et de l'intérêt que l'Algérie et le Maroc n'arrivent pas à emprunter depuis plus d'un quart de siècle.
Certes, on ne va pas douter de l'intelligence des brillants diplomates, algériens et marocains, ils y ont pensé à cette démarche pragmatique de laisser à l'Onu la question du Sahara Occidental et de s'occuper du bilatéral et de l'UMA. Mais le «hasard politique a voulu que cette idée partagée ne fût jamais partagée au même moment. Quand l'Algérie la prônait, le Maroc disait niet et vice-versa. Comme il n'existe pas apriori d'autres «problèmes politiques» entre le Maroc et l'Algérie, il faut «acter» cet infinitésimal progrès. Le reste - la résidence, la propriété et la circulation -, pour reprendre des points énumérés par M. Ould Kablia, n'est plus qu'une affaire de «vouloir».
Cela peut être résolu dans un avenir «très proche» et non plus proche. Cela peut même si M. Moncef Marzouki était écouté être le début ou le tremplin de la mise en 'uvre des «cinq libertés» dont doivent les citoyens des pays du Maghreb dans l'espace de l'UMA. On en est bien loin. Et si les responsables de deux pays «discutent» constitue un progrès, il ne faut pas occulter que l'on est dans une relation qui n'est même pas du niveau d'avant 1994. Cela remonte au siècle dernier, ne l'oublions pas. Et ce que nous avons appris depuis ce temps-là, au plan interne comme au plan des relations extérieures, est que le statuquo est une fausse assurance, une fausse garantie. Nos dirigeants le savent, les peuples sont prêts pour le Maghreb, ce sont les gouvernements et une partie des élites qui font obstacle. Il faut ouvrir les frontières, rapidement, pas dans «un avenir» présumé proche.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : K Selim
Source : www.lequotidien-oran.com