Algérie

Amara Latrous. Président de l?UAR et PDG de la SAA


« La lutte contre la fraude a permis une économie de 500 millions DA » La fraude à l?assurance est un problème souvent décrié par les compagnies. Le phénomène est-il quantifiable selon vous, à la lumière de votre expérience en tant que PDG de la SAA et président de l?Union algérienne des assureurs ? La fraude est malheureusement un phénomène que les compagnies ont constaté dans l?examen et l?étude des dossiers d?accidents. Je pense que ce n?est pas un fait propre à l?assurance, puisque hélas dans toutes les économies à forte croissance comme dans la nôtre, les tentatives d?escroquerie font leur apparition. Nous avons demandé que les compagnies d?assurance puissent créer ensemble une structure qui puisse faire des enquêtes sur les accidents dans les sinistres importants évidemment , parce que elles n?ont pas le temps malheureusement d?enquêter sur tous les accidents qui sont déclarés par les assurés. Ils n?ont donc pas toujours la possibilité de constater si réellement les sinistres ont eu lieu dans les conditions et les circonstances rapportées par les clients. Nous savons à partir de la petite expérience que nous avons vécu depuis quatre ans, notamment au niveau d?une compagnie d?assurance du secteur, que la compagnie en question a économisé environ 500 millions de DA à la suite de découverte de fraudes à l?assurance. La somme n?est pas négligeable et permet une économie certaine pour cette compagnie d?assurance. J?imagine donc que la fraude existe dans d?autres compagnies d?assurances et je pense que l?ensemble des compagnies s?efforcent de détecter ces fraudes pour économiser l?argent versé en indemnités sur ces accidents. Une économie qui contribuerait certainement à limiter l?aggravation des déficits de l?assurance automobile. La branche assurance automobile souffre notamment d?une dégradation de ces résultats techniques et financiers, à quoi est due selon vous cette situation ? Après une observation des résultats techniques de la branche responsabilité civile obligatoire automobile, nous avons demandé aux pouvoirs publics la possibilité de remédier au déséquilibre constaté dans ce domaine. Il faut savoir qu?à chaque fois qu?une compagnie d?assurances encaisse 100 DA de prime de responsabilité civile, elle paye 25 DA d?indemnité de sinistre. De plus, il est connu que l?assurance automobile représente 45% de l?assurance globale, et que dans cette part, sur 100% de primes d ?automobile, un tiers représente, la responsabilité civile obligatoire (RC). Il est évident que si cette situation perdure , les compagnies seront de plus en plus pénalisées. C?est ce qui nous a amener à demander à l?autorité de régulation de réagir afin que nous n?ayons plus à subir les conséquences néfastes du déséquilibre constaté. Nous avons demandé une augmentation assez conséquente de l?assurance responsabilité civile (RC). Je pense que les pouvoirs publics vont nous écouter dans la mesure ou ils sont conscients de l?intérêt pour les compagnies d?assurances de ne pas subir les circonstances aggravées de ces pertes. Nous estimons qu?il faut augmenter le niveau des primes d?au moins 50% pour corriger le déséquilibre constaté, nous proposons une augmentation à 1800 Da au lieu des 1200 DA par an appliqués actuellement. Une augmentation graduelle est tout à fait possible. L?assainissement de cette branche, est nécessaire car l?assurance automobile est en train de booster le reste des produits d?assurance et c?est une bonne chose que les compagnies développent ce produit, car il faut savoir qu?en en 2006 le secteur a enregistré un chiffre d?affaires de 45 milliards de DA, et un niveau de croissance de 12, 5 % au troisième trimestre. Les retards d?indemnisation, notamment dans la branche automobile sont souvent mis en avant par les assurés. Qu?est ce qui est fait pour y remédier ? Le retard qui persiste dans cette branche est surtout dû à la volonté délibérée des victimes d?accidents corporels de recourir systématiquement aux tribunaux alors que les compagnies d?assurances ont au contraire fait part de leur volonté de traiter de façon amiable avec les victimes d?accidents pour solutionner les dossiers. Il faut savoir que les compagnies d?assurance enregistrent -bon an, mal an- environ 500 000 déclarations d?accidents, et elles règlent l?équivalent de ces déclarations en puisant sur les anciens stocks. Sur 500 000 déclarations d?accidents, on rembourse la totalité, en plus de 50 000 environ , puisés dans le stock qui s?élève à 500 000 déclarations remontant pour certaines à la création des compagnies. Qu?en est-il du délai de remboursement de deux mois prévu à travers la convention d?indemnisation directe des assurés (IDA) ? Les compagnies d?assurances sont entrain d?examiner justement quels sont les délais raisonnables qui peuvent être prévus dans les conditions générales de contrat. Pour que elles puissent répondre à l?obligation qui leur est imposé de fixer dans les contrats un certain nombre de délais. Chaque compagnie est entrain de réfléchir de son côté parce que c?est un élément concurrentiel et je pense que les délais seront différents d?un assureur à un autre. Il appartient à chaque compagnie, en fonction de son organisation d?accélérer les indemnisations et de fixer elles même ses délais.
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je voudrais m'adresser à Mr le PDG de la SAA et président de l'UAR pour m'éxpliquer son refus de m'accorder mon agrement;après avoir servi l'entreprise pendant 11 années en tant qu'expert et remplissant les conditions de l'obtension suivant le decret 07-220
borsali nasreddine - expert automobile - sidi bel abbes, Algérie

03/12/2013 - 153857

Commentaires