Algérie

Amachaho

Dans la langue ancestrale, berçant les tout petits, les contes de nos grands-mères préludaient ainsi : « Amachaho, que mon conte enchante ta lueur de vie. » Elles replantaient les aïeules quelquefois ce mot pour que l?appel au sommeil apporte aussi déjà de l?éveil à la découverte du sens au nouveau venu dans le monde. La courte histoire que nous vous racontons sur la Kabylie, en cette commémoration du vingt-cinquième anniversaire du Printemps berbère pour les libertés démocratiques, n?est pas pour vous endormir. Parce que dans le concert de la tragédie nationale, cette région est pleinement impliquée dans la résistance, avec une singularité dont diverses propagandes ont tendu à en faire un « laboratoire de la démocratie ». Elle est impliquée aussi dans une spirale aux ramifications multiformes qui la plongent - sous la double rente anesthésiante des hydrocarbures nationales et de l?argent en devise des émigrés - dans ce qu?il n?est pas exagéré d?appeler un « laboratoire de la mafia ». Du mouvement social mené en fer de lance d?émeutes urbaines, au printemps 2001, par des dizaines de milliers de jeunes desperados, précurseurs tout simplement de leurs congénères des autres régions du pays, l?organisation des archs en a fait son affaire. Avec une tentation messianique, à l?image de celles du FLN d?abord, et des partis FFS et RCD influents en leur temps dans la gestion des communes. Le désastre actuel est que, la libéralisation sauvage imposant ses valeurs, le marécage politique confine tout principe d?éthique au « à quoi bon ». Brouillant toujours plus les repères de 1980 et repoussant l?entrée dans l?âge politique. Brouillant aussi des principes essentiels de gouvernance, détournée la gouvernance en tractations de deals. Que dire de M. Ouyahia, chef du gouvernement, se recueillant cette semaine sur la tombe du jeune Massinissa assassiné sous un haut- parleur clamant le chant Aghuru (tromperie) de Lounès Matoub assassiné en 1998, parodie acerbe du détournement de l?hymne national ? Il n?y a de valeurs que marchandes. C?est l?humour peut-être qui nous sauvera en restant éveillés. Ferhat Mehenni, militant de ce quart de siècle, a eu ces mots : « Les archs aujourd?hui donnent l?air parmi ceux qui dialoguent d?une réanimation au bouche-à-bouche que leur prodiguent leur propre adversaire, leur ennemi juré qu?ils n?arrêtaient pas de traiter de pouvoir assassin. »
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