Algérie - Revue de Presse

Alphabétisation vocale



Brahim Ouaret, le PDG d?Algérie Télécom, est un redoutable optimiste. Alors qu?il avoue en être à 33 milliards de dinars de dettes, il déclare vouloir faire d?Algérie Télécom la deuxième entreprise du pays après Sonatrach. Comment ? En visant comme objectif 7 millions de lignes mobiles. Pourquoi pas. Il faut se rappeler ce temps pas si lointain où pour avoir une puce chez Algérie Télécom il fallait être la cousine d?un ministre et payer 25 000 DA pour ce cadeau. Depuis, l?entreprise a fait du chemin, ouvert son réseau au privé, s?est rappelée qu?elle était une société publique à destination du public et aujourd?hui cède ses puces à 1000 DA. En attendant qu?Air Algérie fasse de même et arrête de voler ses clients sous l?alibi du monopole, il faut peut-être revenir à une analyse économique de base. 33 milliards de dinars de dettes constituent un échec de gestion, et si Brahim Ouaret n?en est sûrement pas entièrement responsable, comment peut-il rêver passer n°2 derrière Sonatrach avec ce passif ? Le mystère n?en est plus à la lecture de cette coïncidence : pendant que Brahim Ouaret vise ses 7 millions de lignes, d?autres pouvoirs publics avouent, tête basse, qu?il y a 7 millions d?analphabètes en Algérie. Du coup, tout devient clair dans les stratégies. Si les 7 millions d?analphabètes achètent les 7 millions de lignes mobiles de Brahim Ouaret, tout rentre dans l?ordre ; Brahim Ouaret rembourse ses dettes avec l?argent de ceux qui ne savent pas lire les factures pendant que les analphabètes peuvent parler en attendant de savoir écrire. Pourquoi lancer des campagnes d?alphabétisation onéreuses, alors qu?on peut gagner de l?argent avec les analphabètes ? D?autant qu?avec de petits réaménagements techniques, les analphabètes pourraient même prendre des cours en SMS. En plus d?être un optimiste, Brahim Ouaret est un génie économique.


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