Algérie

Allumons les lampions !


Quelque 7000 commerçants de la capitale ont été instruits dernièrement et de manière ferme d’exercer le soir, au-delà de l’heure où les rues d’Alger sont inanimées Une activité que les gestionnaires de la ville veulent inscrire dans leur calepin comme un appoint à l’événement culturel arabe dont les cierges viennent d’être allumés. C’est de bonne guerre, dans la mesure où l’occasion est saisie à la faveur d’une manifestation pour sortir la capitale de sa torpeur. Si hier, dans Alger la « Blanche », il faisait bon vivre le soir, de nos jours, la chape de plomb, de morosité et de monotonie pèsent de manière criante sur la cité. Mais nous tenons à faire croire à l’autre que la capitale préserve toujours les aspects d’une ville imprégnée d’une atmosphère gaie et joyeuse. Histoire de montrer aussi à nos hôtes arabes que la médina de Sidi Abderrahmane Ethaâlibi est aussi effervescente de jour comme de nuit, comme les grandes mégalopoles des pays arabes... Que le quidam peut s’attabler à 11h du soir dans une terrasse de la rue Ben M’hidi ou Didouche-Mourad comme il peut inviter ses amis à siroter un thé dans l’avenue Mohamed V à Casa ou les venelles de Khan Khalili du Vieil Egypte. Qu’il peut se pavaner en famille dans les artères de Hassiba Ben Bouali, les rues de Bab Azzoun et Zoudj Aâyoun comme il arpente les rues tunisoises en toute quiétude. Qu’il peut faire une virée le soir, humer l’air marin le long d’une côte littorale, sans avoir à faire le pied de grue pour parquer son carrosse. Qu’il ne doit pas se faire du mouron pour le moyen de transport public privé qui, au-delà de 18h, vous abandonne sur le bitume de la maudite station. Que le chauffeur de taxi ne vous « snobe » plus à la nuit tombée et qu’il acquiesce, sans coup férir, à vous conduire là où vous voulez ! Que les petites gens peuvent aller se rincer les yeux dans un espace artistique à ciel ouvert comme dans le grouillant et lumineux Djamaâ El Fna de Marrakech où saltimbanques et conteurs mettent en valeur le patrimoine immatériel, au grand bonheur des touristes. Mais je me dois de me rendre à l’évidence, moi le cave, en me disant que tout est lié. Que cela est « une question de culture », me lance mon ami Kamel !

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