
Comment se présentent les perspectives du secteur en cette période de difficultés économiques 'L'agriculture, à l'instar des autres secteurs, est en train d'adapter la stratégie de développement par rapport aux moyens existants sur le plan financier. La finance, ce n'est pas tout en agriculture, pour la simple raison que depuis maintenant dix-sept ans que les programmes ont été lancés, depuis exactement 2002, beaucoup d'argent a été injecté dans l'agriculture en termes de soutien pour réintroduire l'investissement dans le domaine de l'agriculture. Cela pour vous dire qu'on est sortis d'une situation très difficile dans les années 90 avec un désinvestissement total, un exode rural massif, puisque les gens qui sont censés travailler la terre qui habitent les zones rurales ont fui le secteur.C'était une étape dramatique. Donc en 2002, avec le lancement des programmes, l'Etat a fait beaucoup d'efforts sur le plan financier. Cette petite rétrospective, c'est juste pour vous dire que beaucoup a été fait dans ce cadre. Les résultats sont là aujourd'hui. Tout est relatif. Ce qu'on mange aujourd'hui représente plus de 30 milliards de dollars. C'est le résultat des efforts de l'ensemble des programmes lancés jusque- là. En d'autres termes, cette production à travers sa valeur si elle n'existait pas, ce sont 30 milliards de dollars d'importations. Elle va être consolidée et va encore augmenter.Vous dites que l'agriculture est un axe important du nouveau modèle de croissance économique?C'est un axe prioritaire, avec l'industrie et d'autres secteurs. Maintenant, il faut diversifier l'économie. On ne peut pas rester uniquement concentrés sur la rente. Pourquoi l'agriculture est considérée aujourd'hui comme un axe important ' Parce que il y a déjà une plate-forme grâce au financement des anciens programmes. Beaucoup de choses ont été réalisés pour permettre de passer à une autre phase.Quel serait l'apport de l'investissement étranger justement dans ce domaine 'Aujourd'hui, c'est une nouvelle étape dans le développement agricole. On va encourager et on va s'appuyer dans notre action sur les grandes concessions et sur les grandes exploitations qui sont en train de se mettre en place au niveau certaines régions du Sud et dans les Hauts-Plateaux, là où les conditions le permettent, là où il y a notamment de l'eau. Nous avons, par exemple, une exploitation qui est en train de prendre forme dans la région d'El Bayadh, c'est un partenariat entre un privé et les Américains pour l'élevage bovin, avec 25000 vaches.C'est énorme. Il y a des exploitations similaires dans le domaine du fourrage, des céréales et de l'oléiculture dans les régions de Saïda et Mascara. Donc, aujourd'hui, on assiste à une nouvelle version de l'agriculture, c'est pratiquement de l'agriculture industrielle. Ce sont des projets intégrés, créateurs d'emplois à très forte valeur ajoutée et qui sont en mesure de résoudre la question de la dépendance de l'Algérie par rapport à certaines filières. C'est le défi à relever.L'agriculture se tourne donc vers le Sud pour relever le défi de la sécurité alimentaire?Au Nord, les gens ne savent pas une chose. Par le fait des différentes politiques et des contraintes, aujourd'hui 70% des exploitations font moins de 10 hectares. Donc nous sommes en face d'une agriculture pratiquement vivrière dans le Nord. La seule solution est d'aller vers une nouvelle approche en s'appuyant justement sur ces grandes exploitations que sont les projets intégrés.Qu'est ce que vous ciblez dans cette nouvelle approche 'Nous avons ciblé les cultures stratégiques. Les gens qui vont vers ces projets ne sont pas seuls. Ils sont accompagnés par l'Etat. Il y a un cahier des charges qu'ils sont tenus de respecter de façon scrupuleuse. Que les choses soient très claires. Il faut donner le temps au temps. L'agriculture, ce n'est pas une boulangerie. C'est une affaire d'années, des fois c'est une affaire de décades. Vous allez voir d'ici quelques années, c'est un nouveau visage qu'aura l'agriculture dans notre pays.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Samira Imadalou
Source : www.elwatan.com