Algerie - Idées, débats, opinions, forums de discussion

Algérie (Tiaret) - Oléagineuses: L’éveil d’une filière stratégique ?



Algérie (Tiaret) - Oléagineuses: L’éveil d’une filière stratégique ?
La filière oléagineuse attire de plus en plus d’agriculteurs à Tiaret, séduits par les perspectives de diversification et de valorisation industrielle qu’offre cette culture qui ne se limite pas à la production d’huiles végétales naturelles puisque ses sous-produits, à savoir les tourteaux, sont également précieux pour l’alimentation animale.

Tiaret, wilaya des Hauts-Plateaux, se distingue depuis des décennies par sa vocation céréalière, et ce, bien que la diversification des cultures s’est imposée. Un frémissement agricole discret mais porteur de bonnes perspectives s’y dessine: celui de la culture des oléagineuses, qui a été réintroduite récemment, dont principalement le tournesol et le colza.

C’est d’ailleurs dans le sillage de la campagne moissons-battages 2024/2025, dont le coup d’envoi a été donné depuis une exploitation agricole privée au sud de la wilaya, qu’intervient celle dédiée aux premières moissons du colza. La filière attire de plus en plus d’agriculteurs, séduits par les perspectives de diversification et de valorisation industrielle qu’offre cette culture qui ne se limite pas à la production d’huiles végétales naturelles, puisque ses sous-produits, à savoir les tourteaux, sont également précieux pour l’alimentation animale.

De plus, il contribue à l’amélioration et la fertilité des sols, notamment lorsqu’il est intégré dans une rotation culturale avec les céréales.

La culture du colza s’inscrit en définitif dans une stratégie nationale de réduction des importations d’huiles végétales. La dynamique locale reposant pour une première expérience sur une participation active des secteurs public et privé est réelle.

«En plus des fermes pilotes avec 750 hectares, pas moins de 42 autres fellahs, se sont inscrits dans ce programme voulu et pensé par les autorités pour garantir la sécurité alimentaire et réduire la facture d’importation sur 100 hectares», a déclaré Boualem Mekhaneg alors qu’il expliquait au wali les méandres de cette culture.

L’unité agricole publique Si Abdelkrim, dans la commune de Sebain, en constitue un exemple emblématique, avec «50 hectares emblavés pour le tournesol et 50 pour le colza, le rendement de 15 à 25 quintaux à l’hectare est jugé, toutefois, moyen», a renchérit le DSA, qui a expliqué que «les six exploitations ont souscrits pour des surfaces de 50 à 300 hectares».

- Partenariat

Pour les 300 hectares au domaine Si Naili aucune autre explication n’a été fournie. S’agissant du tournesol, le même responsable évoque «un programme expérimental de 200 hectares». L’occasion a été offerte au wali Saïd Khalil pour délivrer plusieurs messages à l’adresse des acteurs agricoles.

«Au lieu de faire dans la diversification, ne serait-t-il pas mieux indiqué de se spécialiser dans des cultures distinctes?», avant d’ajouter: «Veiller à l’itinéraire technique reste aussi un gage de réussite.»

Pour rappel, «la production issue de cette campagne sera acheminée vers l’Office national des aliments de bétail ONAB à Rahouia, à l’ouest de la wilaya en vertu de conventions dûment conclues».

«Un partenariat qui permettra une première valorisation concrète du colza produit localement, en attendant la mise en place d’une filière de trituration dédiée à l’huile», a, pour sa part, déclaré un agriculteur de la région.

«Il faudrait noter que, malgré les conditions agro-climatiques difficiles, les exploitants ont recours à l’irrigation d’appoint, voire à l’irrigation intégrale, ce qui permet de stabiliser, voire d’améliorer les rendements», a-t-on encore précisé.

Comme pour la céréaliculture, un défi de taille subsiste: absence d’unités de transformation locales, manque de semences certifiées, et circuits de commercialisation encore fragiles.

L’objectif est désormais clair: structurer une filière complète autour du colza, en atteignant 1.000 hectares cultivés à l’horizon 2027, et en créant les conditions favorables à la transformation industrielle et à la contractualisation durable. Les bases sont là, les acteurs sont engagés.

«Si l’accompagnement suit, Tiaret pourrait bien devenir un pôle majeur du colza en Algérie, contribuant à sa manière à la construction d’une souveraineté alimentaire désormais inscrite dans les priorités nationales», a déclaré, pour sa part, le président de la filière, Hamini Abdelaziz dans une déclaration de presse.

Photo d'illustration ajoutée par Akar Qacentina: Cap sur la culture du colza et du tournesol à Tiaret. SEMAE Pédagogie

Faouzi Amellal
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)