Issu d'une famille authentiquement révolutionnaire, qui compte parmi celles qui ont consenti un tribut exemplaire pour la libération de l'Algérie du joug coloniale, j'ai connu la guerre de libération pour l'avoir cruellement subie et longuement méditée. Rien ne m'est plus insupportable que les mensonges historiques largement diffusés depuis plus d'un demi-siècle par des opportunistes au service exclusive d'une révolutionnaire imposture.
Bien que puissance mondiale : culturelle, politique, économique, financière, militaire, membre de l'OTAN, disposant d'alliés sûrs sur tous les continents, au sortir du second conflit mondial, la France était : défaite, brisée, outragée, humiliée, martyrisée, pulvérisée, ruinée divisée. Il lui était donc impossible de conserver son empire coloniale. Elle ne l'a pas conservé.
En 1954, les nationalistes algériens se trouvaient sous la tyrannie d'une malédiction débusquée par Ibn Khaldoun au 14ème. 'Ils s'étaient mis définitivement d'accords pour ne jamais, jamais, jamais se mettre d'accord...'
Ils étaient divisés en deux principales catégories : nantis, notables de la colonisation : pharmaciens, fils de : caïds, de cadi, de gros propriétaires terriens, d'officiers de l'armée coloniale... qui se préparaient à prendre la succession de leurs maîtres une fois reflués, à perpétuer le système colonial à leur avantage, et des de déshérités : fellahs sans terres, bergers sans troupeau, ouvrier sans travail. Les maquisards et leurs soutiens appartenaient à la catégorie des plus déshérités : analphabètes, va-nu-pieds, ventres vides, mains gauchères et sans arme.
En 1954, le seul parti nationaliste algérien représentant du peuple se nommait: PPA/MTLD, créé et dirigé de main de maître par Messali el Hadj, par un homme issu du peuple, qui affichait à son tableau une expérience politique interrompue de quelques 3 décennies et plus de la moitié de sa vie dans les geôles coloniales.
La France de 1954 ne pouvait ignorer que la gestion de l'Algérie à partir de Paris ne pouvait relevait que d'une stupidité et d'une folie stratégique. Il fallait donc passer du colonialisme traditionnel au néo-colonialisme, d'une gestion de l'Algérie à partir de Paris par l'homme blanc à une autre locale par l'homme basané, à une gestion coloniale décentralisée. C'est le néo-colonialisme de pillage des ressources.
Le 1er novembre 1954, un groupe d'algériens méconnus, au nom d'un nouveau logo : FLN/ALN, passe à l'action armée pour recouvrer l'indépendance de l'Algérie. La Nuit de la Toussaint fera quelque 7 victimes parmi elles plusieurs indigènes et quelques dégâts mineurs. Monsieur Mendès France, qui n'était pas un colonialiste des plus acharnés, se trouvait être le président du conseil de la France. Il avait immédiatement envoyé en Algérie Jacques Soustelle, un gaulliste, comme gouverneur avec pour mission prioritaire et urgente la recherche d'une solution politique à la crise algérienne. Le nouveau locataire du 'G.G ' (siège du gouvernorat général) devait créer un nouveau rassemblement politique composé essentiellement de notables de la colonisation, plus précisément, de l'UDMA, des Oulémas, des centralistes, des européens dits 'libéraux', respectivement animés par Ferhat Abbas, Bachir el Ibrahimi, Ben Khedda et Jacques Chevalier, le maire d'Alger. Les 3 premiers individus avaient critiqué les novembristes comme aucun colon ultra ne l'avait fait. Bachir el Ibrahimi à partir du Caire, par la voix des ondes, avait qualifié les déclencheurs de la révolution de : 'D'individus à manier avec des pincettes.' Il leur avait rappelé que l'Islam condamnait : 'Le meurtre de femmes et d'enfants', 'l'incendie des récoltes', 'la coupe des arbres fruitiers.' Le même cheikh avait demandé à la ligue et aux pays arabes de ne pas soutenir l'entreprise des novembristes. S'il voulait les comparer à des Huns, à des vandales et des bénis Hilal... sans doute ne se serait-il pas pris autrement. Ferhat Abbas avait comparé la violence du 1er novembre 1954, d'un jour, qui avait fais 7 victimes, à la violence coloniale de 125 ans. Ben Khedda et les centralistes ont qualifié les même auteurs : 'D'aventuriers égoïste et sans lendemain.'
Prompt à la réponse, le FLN condamne à mort : udmistes et Ferhat Abbas, centraliste et Ben Khedda, ouléma et Certains de ces condamnés à mort ont été abattus. D'autre ont échappé de justesse à l'attentat.
Une fois le rassemblement des félons mis en place par Jacques Soustelle, il fallait trouver des membres du FLN/ALN pour y adhérer. C'était Ben Khedda, Kiouane, Temmam, Lounachi (centralistes) qui devaient vendre le produit à la délégation extérieure du FLN. Les félons d'Alger avait demandé à rencontrer Mohamed Yazid ou Mohamed Khider, membres de la délégation extérieure du FLN à San Remo. Connaissant la félonie des émissaires de Jacques Soustelle, celle-ci avait accepté la rencontre cependant en lieu et place de Mohamed Yazid et/ou de Mohamed Khider, la direction légitime du FLN avait délégué Ahmed Ben Bella.
Voyant se dresser massivement en face d'eux Ahmed Ben Bella, les émissaires de Jacques Soustelle perdent leur Latin et se mettent à bégayer. Ahmed Ben Bella les aborde avec une chaleureuse fraternité. '... De quoi s'agit-il, frères ?' Leur demande-t-il.
-Ben Khedda :
'Le FLN est une organisation terroriste avec lequel la France ne négociera jamais la fin de la guerre d'Algérie. Aussi avons-nous créé un rassemblement politique légal avec lequel l'adversaire se déclare immédiatement prêt à entrer en négociation pour mettre fin à la guerre d'Algérie. Nous vous proposons donc de dissoudre le FLN et de vous rallier au nouveau rassemblement politique légal...'
Tandis que dès 1955, le Front de Gauche menait campagne pour élections législatives en faveur d'une solution politique pour l'Algérie. Ce front sera élu. Dès son arrivée au pouvoir, Guy Mollet délègue son ministre des affaires étrangères, Antoine Pineau, au Caire et à Belgrade pour solliciter l'aide de Djamel Abdel Nasser et du Maréchal Tito en vue de faciliter des rencontres entre des émissaires du gouvernement français et des représentants du FLN. Entre avril et juillet 1956, en quatre mois, une bonne dizaine de rencontres informelles FLN/représentants du gouvernement français auront lieu : au Caire, à Brioni, à Belgrade (Yougoslavie) et à Rome (Italie).
Suite au refus catégorique de l a délégation extérieure de dissoudre le FLN et de rallier le nouveau rassemblement imaginé par Jacques Soustelle, en août 1956,une faction des services coloniaux vont organiser un congrès-putsch dans la vallée de la Soummam. Celui-ci avait pour objet d'exclure la direction extérieur du FLN et de la remplacer par félons.
Il faut méconnaître la nature cruelle de la guerre de libération et méprendre les forces et l'intelligence de l'ennemi pour croire qu' en août 1956, un congrès rebelle pouvait se tenir dans la vallée de la Soummam, dans l'un des secteurs des plus sécurisés d'Algérie.
Le premier CCE était composé de 5 membres dont 3 était opposés au FLN historiques, qui avaient des comptes sanglants à régler avec lui et 2 manipulés par des centralistes. Et qui pouvait croire qu'en 1956 le CCE pouvait s'installer et diriger la révolution à partir d'Alger ? Quel était le siège historique de ce CCE à Alger ? Et qui parmi les congressistes et membre du CCE pouvait rédiger la plate-forme de la Soummam, un chef d'œuvre administratif, en dehors des énarques et hauts fonctionnaires du 'G/G ?'
Une conférence au sommet : Bourguiba (président tunisien), Mohamed V (roi du Maroc), des émissaires du gouvernement français et la délégation extérieure du FLN, devait avoir lieu le 23 octobre 1956 à Tunis. Celle-ci devait mettre sinon immédiatement fin à la guerre d'Algérie du moins l'abréger de 4 années, des années des plus sanglantes et des plus dévastatrices.
le octobre 1956, une faction de l'armée française capture la délégation extérieure du FLN, fait capoter le conférence de Tunis. Entre temps, la bataille hasardeuse engagée par le CCE à Alger avait lamentablement échouée, noyée dans le sang et la merde. Les membres du CCE qui avaient décrété un mois plus tôt la 'Primauté de l'intérieur sur l'extérieur et du 'Civil sur le militaire' ont lâchement déguerpi leur poste pour aller se réfugier à l'extérieur où certain d'entre sont devenus colonel-ministres.
La révolution algérienne n'a tenu quasiment aucune de ses promesses. Les authentiques révolutionnaires algériens ont été trahis. Le peuple algérien s'est trahi lui-même en laissant des félons, des convertis au nationalisme algérien de la 25 heures travestir l'histoire et confisquer : la révolution, l'indépendance et les avantages qui vont avec.
Abane Ramdane n'a jamais appartenu au PPA/MTLD, ni à l'OS, ni à aucun courant nationaliste algérien avant sont intrusion au FLN vers avril 1955. Il n'a jamais fait un seul jour de prison pour un motif avouable.
Récemment, Ahmed Mahsas, responsable du PPA/MTLD du Constantinois, a donné 7 interviews au journal El Khabar. Il a déclaré dans l'une d'elles : '... J'ai rencontré en 3 reprises Abane Ramdane en 1947. J'avais précisé dans mon rapport qu'il s'agissait d'un excellent élément. Abdelhamid Benzine m'avait informé qu'avant d'adhérer au FLN, Abane devait adhéré à l'UDMA. C'est donc Abdelhamid Benzine qui a convaincu Abane Ramdane d'adhérer au FNL plus tôt qu'à l'UDMA.
Si Abane Ramdane avait fait été arrêté pour un motif avouable et jugé, sans doute que son arrestation, ses jugement en première instance et en appel auraient fait l'objet d'enquêtes policières et judiciaires. Ce que Khalfa Mameri et Bélaïd Abane n'auraient pas manquer de consulter et de rapporter, en 36 langues, en long et en large.
Abane Ramdane est l'ouvre imaginaire d'une poignée de berbéristes, de francophiles, d'arabo-islamophobes.
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Posté par : Aissahakim
Ecrit par : Aissa-Hakim
Source : médias