Algérie - Elections législatives, parlementaires

Algérie - LE SCRUTIN DU 4 MAI A RECONDUIT LE STATU QUO POLITIQUE: Quand les élections ne changent rien…



Algérie - LE SCRUTIN DU 4 MAI A RECONDUIT LE STATU QUO POLITIQUE:  Quand les élections ne changent rien…




Le statu quo imposé par les résultats des élections législatives de jeudi dernier aura, vraisemblablement, des conséquences périlleuses sur la scène politique et socio-économique du pays.

Le scrutin du 4 mai 2017 n’a pas apporté — encore une fois — ce changement tant souhaité par la majorité des Algériens. À vrai dire, depuis plus de 50 ans, le “vote à l’Algérienne” n’a jamais été porteur de mutations ou d’alternatives. C’est plutôt un changement dans la continuité…

“L’histoire est un éternel recommencement”, un aphorisme qui, une autre fois, se vérifie cette année, d’autant plus que les deux formations politiques qui émergent traditionnellement du lot demeurent à jamais le FLN et le RND.

Ce “verdict”, connu d’avance, conjugué aux fraudes électorales qui ont entaché les précédents scrutins et à la défaillance des députés, est la principale raison qui ont dissuadé une frange importante de la population à se rendre jeudi dans les centres de vote. Même les régions connues pour leur forte participation aux différentes joutes électorales, à l’image de l’est du pays et des Hauts-Plateaux, n’étaient pas au rendez-vous cette fois-ci.

Le nombre impressionnant mais surtout inquiétant de bulletins nuls (plus de 2 millions selon certaines sources), enregistrés dans les diverses localités, explique clairement le ras-le-bol des Algériens quant à la manière avec laquelle sont organisées les élections, d’une part, et la situation préoccupante qui prévaut dans le pays, d’autre part.

Cette abstention record, explique le sociologue Nacer Djabi, se veut un “message fort” de la part des citoyens que les détenteurs du pouvoir et les partis politiques doivent impérativement “décoder”… Le bilan de ce vote montre que 63% d’Algériens ont manifesté leur désintéressement à toute élection. Ils ont exprimé leur “aversion à la vie politique telle que connue” en Algérie.

“Le scrutin n’engendre plus d’effets positifs pour le pays. Les élections ne permettent plus l’émergence de nouvelles élites. Elles ne favorisent plus l’édification de nouvelles institutions fortes et crédibles”, déplore le Pr Djabi, contacté hier.

Pour l’universitaire, ce vote va maintenir les mêmes choix politique et économique du pays.

En termes plus clairs, la classe politique, notamment l’opposition, va subir la sempiternelle fermeture du champ politico-médiatique. L’on assistera aussi à une régression inexorable des libertés individuelles. L’austérité deviendra également le maître-mot des discours des officiels avec comme argument essentiel la crise financière provoquée par la drastique chute des prix du pétrole.

En tout cas, le programme quinquennal du président de la République s’achèvera en 2019. Il serait, de ce fait, peu vraisemblable que l’on assiste à des “bouleversements” notables dans la stratégie adoptée jusque-là par l’Exécutif.

En revanche, celui-ci n’a plus cette marge de manœuvre d’il y a quelques années que lui a accordée une conjoncture favorable, née d’une hausse inouïe des cours de l’or noir avec des plafonds dépassant les 100 dollars le baril.

“Aujourd’hui, la situation se complique de plus en plus pour l’Algérie”, prévient M. Djabi.

“Ne criez pas victoire. Car, la situation est plus grave que vous le pensez”, lance l’expert à l’égard des partis politiques, sortis vainqueurs de ces législatives.

Pour la future législature, donc, on reprend les mêmes, et on recommence!

Autre probable explication de ces résultats: ce scrutin doit dégager une Assemblée activement complaisante qui aura pour principale mission de préparer les présidentielles et offrir sur un plateau d’argent le palais d’El-Mouradia au futur “élu” du pouvoir. Ainsi, la boucle… du système sera bouclée…

Les sièges “obtenus” par des partis tels que TAJ d’Amar Ghoul et le MPA d’Amara Benyounes ou le Front El-Moustakbal d’Abdelaziz Belaïd, pour ne citer que ceux-là, pourraient constituer ce “troc” proposé par les décideurs contre leur implication dynamique, mais surtout obligatoire dans les prochaines présidentielles en faveur du postulant au régime.


Photo: Ces élections législatives ont connu une abstention record. © Louiza Ammi/Liberté

Badreddine Khris



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