Algérie

Algérie, Iran, Turquie…: Lorsque Trump s'en mêle !

Le président américain continue ses escalades guerrières contre de nombreux pays, le tout dernier étant la Turquie qu'il veut disloquer pour faire tomber Erdogan.Fidèle à ses sorties intempestives, Donald Trump continue de « tweeter » pour déstabiliser le monde. Son dernier message posté était destiné à ébranler l'Economie turque. Après le président iranien, Hassan Rouhani, c'est Recep Tayyip Erdogan qui devient sa cible. Ce sont cependant, deux situations totalement différentes. Habitués aux sanctions politiques et commerciales, aux embargos interminables et destructeurs, les Iraniens ont, de tout temps, fait preuve de capacités d'endurance rare. Dans les moments les plus durs de l'embargo que lui ont imposé les Etats-Unis, pendant plus de 40 ans, l'Iran était engagé entre autres, dans la construction automobile de marque locale ‘Samand' et le montage de véhicules de marque française. Il produisait un grand nombre de médicaments, de nombreux produits alimentaires et autres besoins pour ses populations. En signant l'accord sur le nucléaire « 5+1 », Rohani savait que ses cosignataires n'étaient pas des enfants de c?ur. Il sait surtout que, signataires ou pas, les Européens ne peuvent contredire les Etats-Unis même en cas de guerre.
Impulsif, imprévisible, brusque, le chef de la Maison Blanche lui en a apporté la preuve en reniant un accord sur lequel est portée la griffe officielle des Etats-Unis et sans le moindre égard à ses alliés. Au-delà de quelques déclarations d'intentions, les Européens continuent de subir, tout autant que l'Iran d'ailleurs, le diktat d'un président va-t-en-guerre. Trump a sorti ainsi le monde de la légalité pour le placer dans un état sauvage où seule «la loi du plus fort est toujours la meilleure.» Il décide unilatéralement, de nouvelles mesures répressives contre l'Iran, en lui impose un embargo commercial dont les conséquences s'abattent tout autant sur les sociétés européennes qui oseraient contredire sa décision de boycott.
Ces tweets qui déstabilisent le monde
Téhéran garde son sang-froid et refuse de négocier avec lui. Ses plus hautes autorités l'affirment même si elles savent que leur pays risque gros. Entre temps, c'est donc la Turquie d'Ordogan qui est placée dans le collimateur du président américain. La décision américaine de fournir déjà en 2017 des armes aux Kurdes, en Syrie, a fait basculer les relations entre les deux pays. La détention, depuis plusieurs mois à Ankara, du prêtre américain accusé de terrorisme et d'intelligence, a provoqué le courroux « de plus ». C'est alors l'escalade entre les deux pays. Les tweets animent les campagnes de déstabilisation. Faire tomber Erdogan, Trump n'en fait pas un v?u mais travaille sérieusement, sur l'hypothèse. Première réaction turque, un appel aux citoyens pour boycotter les équipements électroniques américains, «et c'est la foi la plus faible.» L'Iran et la Turquie, deux pays « bien armés », présents « physiquement » en Syrie, sont proches de la Russie, et chacun d'eux veut régenter la région. Un tableau qui n'agrée guère les Etats-Unis. Ils feront tout pour les empêcher de surpasser l'Etat terroriste d'Israël. Le plan de la déstructuration de leurs économies n'a rien d'ingénieux. Téhéran et Ankara vivront au rythme des contestations et perturbations internes, comme au temps des « complots » qui ont effrité les républiques de l'Europe de l'Est, aujourd'hui fragilisées mais pratiquement toutes « éligibles » à l'adhésion à l'OTAN.
L'Algérie en point de mire '
Paradoxe des temps, membre depuis 1952 de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord, la Turquie est loin d'y être comptée comme membre à part entière. Sa présence est plus pour participer dans des opérations militaires avec « hommes et équipements» lorsqu'elles sont décidées par l'Alliance à travers le reste du monde. Des responsables à Bruxelles pensent d'ailleurs que « les événements qui perturbent la Turquie n'ont aucune incidence sur l'Alliance. » Pourtant, l'article 5 du Traité de Washington stipule qu'une attaque contre un allié est considérée comme une attaque contre l'ensemble des alliés. Ankara sait que son application en sa faveur ne sera jamais à l'ordre du jour. En dépensant (entre autres) pour les besoins de défense de l'Alliance, plus que tous leurs alliés, les Etats-Unis resteront le gendarme du monde, au grand dam des Européens.
Les mois à venir, Trump « s'occupera un peu plus de l'Algérie, » pensent des analystes. Indices de taille, les derniers rapports rendus publics sur le pays. La fin du mandat présidentiel de Bouteflika serait, sans nul doute pour lui, le meilleur moment pour s'ingérer, directement, dans les affaires internes de l'Etat. Premiers actes, la « marginalisation » de l'Algérie et le rapprochement opéré par Trump entre l'Italie et l'Egypte pour les imposer dans le règlement de la crise libyenne. Elle doit payer son refus d'intervenir militairement en Libye « pour y remettre de l'ordre. » Alger vient ainsi d'être enjambée par les Américains, qui d'une pierre quatre coups, l'écartent du «processus libyen», y élargissent la place de l'Egypte et mettent l'Italie, en avant, pour ignorer la France.
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