Datant du début des années 90, avant d'être révisé en 1999, 2002 puis en 2004, le système salarial du Groupe pharmaceutique public, Saïdal, est en voie d'une « profonde révision ». Présenté, en fin de semaine, aux représentants de l'ensemble des délégués médicaux du pays, le projet est appelé à instaurer de nouvelles règles de rémunération, mais également de recrutement et de promotion au sein du Groupe.
Comportant d'importantes « incohérences », l'actuel système salarial de Saïdal est un obstacle à l'entreprise et participe à la perte des compétences parties à la recherche de meilleures rémunérations et de postes valorisants auprès de filiales de multinationales du médicament basées en Algérie. Sa révision ne touchera pas aux « avantages acquis », ni au niveau des salaires. Mais elle est appelée à consacrer « une nouvelle grille des salaires et un nouveau régime indemnitaire », affirment les experts en charge de cette refonte. Les modifications apportées dans le passé, ont « dénaturé » les systèmes de classification, provoquant « des promotions sans changement de poste », « institution de catégories intermédiaires », et une extension démesurée des primes et indemnités. Qualifiée d'arbitraire, l'actuelle « nomenclature des emplois explose alors qu'aucun dispositif ne gère la création d'emplois », affirment les experts de Saïdal qui ont présenté le projet de révision en présence du PDG du Groupe. Selon eux, « pour 4056 salariés recensés, (l'ancien) système comporte 726 intitulés dont 450 sont utilisés pour 3020 agents, alors que 1044 autres agents sont positionnés sur 533 intitulés inexistants dans la nomenclature ». A titre d'illustration, différentes appellations ont été données pour un même poste comme « chargé de' », « responsable de' », ou « assistant de' ». En parallèle, les experts ont constaté un « étirement de la ligne hiérarchique » qui comporte des « directeurs, sous-directeurs, chefs de département, chefs de service, et chefs de section », auxquels ont été attribués aussi des niveaux intermédiaires (assistant', responsable'). A cela, il faudra ajouter un « dédoublement des postes par produits (contremaître, opérateur, chefs forme pâteuse, stérile, liquide' ) », ainsi qu'une « parcellisation des tâches » qui a eu pour effet de supprimer « la polyvalence ». Ainsi, l'actuelle grille de Saïdal est composée de 65 niveaux de salaires de base avec 20 échelons chacun. Ce qui correspond à « 1300 possibilités de salaires ». Quant aux 27 primes et indemnités, elles sont qualifiées de « dénaturées ». Selon les experts, 35% de la masse salariale de Saïdal est constituée par des primes spécifiques, comme l'Indemnité d'expérience professionnelle (IEP - 18%), la prime de nuisance (4,5%), la prime de responsabilité et de disponibilité (PRD -3%) et celle dite de panier (7,5%). A cela, il faut ajouter les primes et indemnités « particulières ».
La nouvelle grille sera appliquée d'ici juin 2012
La nouvelle répartition de l'emplois au sein de Saïdal a été établie sur la base de 12 filières d'activités, afin « d'obtenir leur hiérarchisation dans une même activité et pour vérifier la cohérence des classifications entre les filières », comme l'expliquent les experts. Chaque poste est ainsi défini par « intitulé, filière d'activité, missions et tâches à réaliser, exigences pour son occupation, relations hiérarchiques et fonctionnelles, et classification ». Cette nouvelle démarche permettra non seulement de valoriser les différents postes et de les différencier, mais également de normaliser la politique de recrutement et de promotion au sein du Groupe. En d'autres termes, les dirigeants devront se référer à ces « critères » pour recruter et instaurer une politique de promotion. La nouvelle grille salariale est donc composée de 21 catégories et 10 sections selon une classification par niveau de qualification au poste d'emploi défini et un avancement au mérite. A l'avenir, les salaires au sein de Saïdal progresseront de 4 à 16% selon la catégorie du poste occupé. Soit de « 4% pour les agents d'exécution, 8% pour les techniciens-maîtrise et de 16% pour les cadres ». Le nouveau système (encore en gestation) est présenté comme une rupture avec l'actuel où le salaire de base est réduit à 43% de la rémunération globale. Le reste étant composé de primes et d'indemnités dont une « partie n'avait pas sa justification ». Sont donc supprimées plusieurs primes comme la PRD, les indemnités pharmaceutiques et hospitalières, l'IFSP, l'indemnité spéciale pour heures supplémentaires (ISHS) qui est recalculée sur « un taux approprié », et l'indemnité de complément d'allocation familiale (ICAF). Sont également supprimées, l'indemnité de zone et la bonification pour ancien moudjahid. Certaines ont été modifiées comme l'indemnité de nuisance, du travail posté, les primes de rendement individuel et collectif (PRI et PRC) et l'indemnité de véhicule (IFAVP) dont les conditions et modalités d'octroi « seront précisées ». Alors que d'autres primes ont été maintenues comme l'IEP, la prime pénicilline, de milieu stérile, la majoration des heures supplémentaires, la prime de caisse'
Pas de modification des salaires actuels
Ces nouvelles bases de calcul des salaires « n'entraineront pas de diminution » des rémunérations actuelles au sein de Saïdal, tiennent à rassurer les dirigeants du Groupe. Selon eux, « toutes les primes et indemnités qui seront supprimées seront intégrées au salaire de l'employé avant de lui calculer sa nouvelle rémunération ». Intervenant à la suite de la présentation de cette nouvelle grille salariale, le PDG du Groupe, Boumediene Derkaoui a affirmé la nécessité de sortir « d'une gestion archaïque » vers « une gestion moderne ». Pour faire en sorte que le Groupe « ne perde pas ses cadres » et « ne soit plus un centre pourvoyeur pour les laboratoires » (étrangers, ndlr) ». « Il ne sert à rien, dit-il, de créer des usines si l'on ne dispose pas des compétences nécessaires pour les encadrer ». Le PDG a tenu à rassurer que le projet « n'est pas définitif » et qu'il sera soumis à enrichissement. Abordant les résultats du Groupe, il affirme que Saïdal a augmenté de 25% son chiffre d'affaires en deux ans « avec les mêmes moyens ». « Le chiffre d'affaires de 2011 est nettement supérieur à celui de 2010 qui était d'un peu plus d'un milliard de dinars ». Quant au chiffre d'affaire de 2009 (à l'époque de l'ancien PDG), estimé à plus de 2 milliards DA, M. Derkaoui n'hésite pas à qualifier ce montant de « fictif ». « Nous avons été obligés à revoir les stocks à leur juste valeur. Il en est ressorti que Saïdal a payé des impôts inutilement pour en environ 800 millions DA de stocks ». Il explique également avoir « bloqué les recrutements en avril 2010 » qui ont, depuis, baissés de « près de 13% » suite à des départs volontaires ou à la retraite.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abdelkader Zahar
Source : www.maghrebemergent.info