Depuis le début du mois béni, 151 personnes ont perdu la vie et près de 5.000 autres ont été blessées dans plus de 3.500 accidents de la circulation. Somnolence, excès de vitesse et non-respect du code de la route restent les principales causes de ces drames.
À l’image des précédents Ramadhan, le mois béni de cette année ne déroge pas à (la tragique) règle des accidents de la circulation. Et encore une fois donc, les statistiques sont inquiétantes et effrayantes. Du 1er jour jusqu’à la matinée d’hier, les services de la Protection civile ont déploré 151 morts et plus de 4.970 blessés causés par 3.500 accidents, révèle le capitaine Zoheir Benmezal, de la cellule de communication de la Direction générale de la Protection civile.
Lors des trois derniers jours, les secours de la PC ont enregistré 14 décès et plus de 450 blessés, dont 5 morts et 38 blessés à M’sila, suite à une collision entre un bus de transport des voyageurs et un camion, survenue dans la soirée de samedi, sur la RN N°46, dans la commune de Ben Srour.
À Hassi Messaoud (Ouargla), on compte un décès et 8 blessés, après la collision entre un bus de transport des voyageurs et un camion semi-remorque.
Selon le constat établi par la PC, il s’avère que la périodicité des sinistres durant ce mois béni demeure toujours la même, avec des pics observés, d’abord, tôt dans la matinée, notamment la tranche horaire 4h – 8h et 8h – 10h, qui voit un grand nombre de conducteurs prendre les longs trajets. Aussi, il a été enregistré une hausse des accidents mortels entre 14h et 16h, soit à la sortie des travailleurs aux heures de pointe. Dans tous les cas, la problématique de la somnolence et de la fatigue est posée, regrette l’officier de la Protection civile, ce qui réduit fortement la vigilance, le degré de concentration et la vitesse de réaction chez les usagers de la route, après de longues veillées ramadhanesques. D’où l’urgence d’une prise de conscience et de remise en cause des conducteurs, notamment ceux des longs trajets.
Idem pour les piétons dont un grand nombre ont été heurtés durant ce mois, la faute à l’imprudence et à une baisse d’attention générées par la fatigue.
L’autre remarque concerne les collisions et le renversement des véhicules, qui ont été, selon notre source, mortels, en raison de l’excès de vitesse dont font preuve les automobilistes.
Tous ces facteurs réunis, qui s’ajoutent au non-respect du code de la route, notamment la distance de sécurité, provoquent inévitablement de terribles accidents qui laissent peu de chances aux victimes de s’en sortir indemnes.
À noter que lors du Ramadhan de l’année dernière, la route a tué 161 personnes et fait 383 autres blessés dans 4.450 accidents.
En 2024, le bilan faisait état de 167 morts et 6.180 blessés, tandis que le mois béni de 2023 a été endeuillé par 124 décès et 5.027 blessés.
Cette situation dramatique a poussé les pouvoirs publics à élaborer un nouveau code de la route, adopté récemment par le Parlement, qui concilie prévention et répression, via une approche basée sur la complémentarité entre les deux aspects.
Pour le ministre de l'Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, les dispositions prévues dans ce texte visent tout simplement à «faire respecter l'ordre public» et à «protéger la vie des citoyens».
Et, dans ce cadre, le facteur de la prévention doit être anticipé par le traitement du problème avant la survenue de l'accident, comme préconisé par les experts qui plaident pour le renforcement de la formation et la qualification au niveau des auto-écoles, l'unification des programmes et de les relier à des plateformes numériques d'évaluation, tout en durcissant les conditions d'obtention et de renouvellement du permis de conduire, notamment pour ce qui est de la conduite professionnelle.
S’agissant de l’aspect coercitif, marqué, dans ce nouveau code de la route, par une hausse sensible des amendes forfaitaires, celui-ci s’articule sur la fermeté face aux comportements dangereux des conducteurs et le durcissement des sanctions infligées aux auteurs d'infractions à l'origine d'accidents mortels, plus particulièrement ceux dont la responsabilité est établie pour conduite sous l'emprise de stupéfiants ou d'alcool.
Mieux, les chauffards qui provoquent mort d’homme verront leur permis de conduire annulé et la justice peut également interdire à ces conducteurs d’obtenir un nouveau permis, soit définitivement, soit pour une durée déterminée.
Autant dire que la «tolérance zéro» est désormais de mise devant l’hécatombe routière qui endeuille au quotidien un grand nombre de foyers algériens.
Photo d'illustration. El Moudjahid
Sid-Ahmed Merabet
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Posté par : akarENVIRONNEMENT
Ecrit par : Sid-Ahmed Merabet
Source : https://www.elmoudjahid.dz/fr du dimanche 15 Mars 2026