Alors que des milliers de familles vivent encore dans la promiscuité, plus de 20.000 logements sont inoccupés à travers la wilaya de Boumerdès. C’est ce qui a été relevé récemment lors de l’opération d’installation des détecteurs de gaz par les agents de Sonelgaz.
Le directeur de cette entreprise, Hamza Sahli, a précisé lors d’un point de presse tenu le mois passé que 297.758 détecteurs de gaz ont été placés à titre gracieux au niveau de 148.897 foyers, ajoutant que 991 occupants ont refusé l’installation de cet appareil et 20.129 maisons ne sont pas habités.
«Nos agents ont trouvé beaucoup de maisons vides. Ils sont revenus même les week-ends pour tenter de rencontrer les occupants. En vain. Cela nous a obligés de lancer des appels dans les mosquées pour sensibiliser les habitants sur l’importance d’installer ces appareils afin d’éviter les risques d’asphyxie par le gaz», a-t-il déclaré.
Les chiffres de Sonelgaz rejoignent ceux d’une étude du CNERU datant de 2014, qui faisait état de 34.237 logements inoccupés sur un total de 159.557 recensés à l’époque dans la wilaya.
Si certains logements vides sont situés en zone rurale, une part importante se trouve dans les cités sociales récemment distribuées.
Un ancien directeur de l’OPGI avait révélé que plus de 3.000 logements sociaux sont inhabités, précisant que des dizaines ont été vendus ou sous-loués illégalement.
Ces chiffres soulèvent à nouveau une question essentielle: qui bénéficie réellement des logements sociaux?
A chaque distribution, des actions de protestation sont observées par les exclus, dénonçant le favoritisme, l’opacité et l’absence d’équité dans l’établissement des listes des bénéficiaires.
- Favoritisme dans la distribution
Djamel Berrichi, élu à l’APW, a dénoncé la semaine passée «des pratiques scandaleuses», soulignant que «les logements sociaux sont parfois distribués en dehors des commissions de daïra».
«Comment expliquer le fait que des centaines de logements sont vides? Il est temps de mettre en place des mécanismes garantissant l’équité dans l’attribution», a-t-il plaidé.
A la cité des 500 Logements à Bordj Menaïel, beaucoup d’appartements sont inhabités, alors que des centaines de familles vivent dans les taudis, a-t-il enchaîné.
Même situation à Si Mustapha où certains logements sont transformés en lieu de débauche, rapporte un élu sur réseaux sociaux.
«Celui qui est dans le besoin n’abandonne pas son logement», argue-t-il.
La wilaya de Boumerdès a bénéficié depuis 1984 de 141.172 logements, tous programmes confondus. Rien que dans le cadre du LPL (logement public locatif), plus de 43.800 unités ont été attribuées. Mais la crise persiste dans de nombreuses communes.
A Khemis El Khechna, Bordj Menaïel ou encore Boudouaou El Bahri, des centaines de familles vivent à ce jour dans des habitations précaires. Face à ce paradoxe, l’urgence n’est pas seulement de construire plus, mais de mieux gérer ce qui existe déjà, en s’attaquant aux abus, aux détournements et aux complicités qui gangrènent le secteur du logement.
Photo: Des immeubles sociaux vides à Boumerdès, symbole d’une gestion contestée du logement malgré une forte demande. El Watan
Ramdane Kebbabi
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Posté par : akarENVIRONNEMENT
Ecrit par : Ramdane Kebbabi
Source : elwatan-dz.com du lundi 28 Juillet 2025