Algerie - Energies renouvelables

Algérie - Abdenour Keramane, ancien ministre de l’Industrie et des Mines: le solaire et la géothermie, piliers d’une transition énergétique souveraine



Algérie - Abdenour Keramane, ancien ministre de l’Industrie et des Mines: le solaire et la géothermie, piliers d’une transition énergétique souveraine
L’ancien ministre de l’Industrie et des Mines Abdenour Keramane a livré une réflexion lucide sur les enjeux climatiques et énergétiques auxquels fait face l’Algérie, appelant à une stratégie nationale claire et résolue face aux mutations mondiales.

Selon lui, il ne fait «aucun doute que le changement climatique représente un défi majeur, tant au niveau mondial que national». L’Algérie, souligne-t-il, doit affronter les effets du dérèglement climatique, tout en repensant son modèle énergétique. Si les hydrocarbures ont longtemps constitué le socle de l’économie nationale, ils demeurent des ressources limitées et épuisables. À l’inverse, le potentiel solaire du pays est «incommensurable». L’Algérie bénéficie, en effet, d’un des gisements solaires les plus importants au monde.

Pour Abdenour Keramane, cette réalité impose une transition énergétique assumée, où l’énergie solaire occuperait, enfin, la place stratégique qu’elle mérite.

Il estime que la transition ne doit pas être un slogan, mais un engagement structuré, inscrit dans la durée, avec des objectifs précis et des réalisations concrètes.

Cette réalité impose une transition énergétique où l’énergie solaire doit, enfin, occuper la place stratégique qu’elle mérite.

Abdenour Keramane rappelle que dans son ouvrage L’Électrification de l’Algérie, il avait apporté des éléments d’explication sur les choix économiques des années 1980. Mais, regrette-t-il, depuis les années 2000, la vision et la pédagogie autour des orientations énergétiques se sont estompées. Il appelle ainsi à un «engagement résolu de l’État dans la prolongation et l’accélération des objectifs fixés en matière de transition énergétique».

À cet effet, il met en avant les programmes déjà engagés et les premières réalisations enregistrées dans le domaine du solaire.

Il cite notamment les 2.000 mégawatts actuellement en cours de construction, tout en estimant que ce volume demeure «infiniment insuffisant «pour un pays aux dimensions continentales et au potentiel énergétique exceptionnel comme l’Algérie». Selon lui, l’effort doit être changé d’échelle afin d’inscrire la transition dans une véritable dynamique stratégique.

«Il faut aller vers des capacités beaucoup plus importantes», insiste-t-il, à la fois pour économiser le gaz naturel et pour répondre aux impératifs climatiques, en réduisant la consommation des énergies fossiles.

L’ancien ministre salue, par ailleurs, les décisions prises par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, notamment en matière «d’identification et d’accélération des projets stratégiques» afin de rattraper le retard accumulé. Pour lui, cette orientation constitue un «signal positif», mais elle doit s’inscrire dans une dynamique industrielle plus large.

Au-delà du solaire, Abdenour Keramane attire l’attention sur une ressource encore peu exploitée: la géothermie.

La présence de nombreuses sources thermales à travers le territoire national laisse supposer un potentiel géothermique réel. Il rappelle qu’au début des années 1980 une coopération avait été engagée avec des partenaires italiens, reconnus pour leur expertise dans ce domaine, mais que cette dynamique n’a pas été poursuivie. Une relance de cette piste permettrait, selon lui, de diversifier davantage le mix énergétique.

Enfin, il insiste sur un point fondamental: la transition énergétique ne doit pas se limiter à l’importation d’équipements.

«Nous ne pouvons pas construire des centrales solaires uniquement en important des panneaux chinois», affirme-t-il.

«Le véritable développement, soutient-il, passe par l’intégration industrielle locale, la fabrication nationale des composants et le transfert de technologies. La coopération internationale, y compris avec la Chine, est nécessaire, mais elle doit favoriser la production sur place et l’essor d’un tissu industriel national.»

Pour Abdenour Keramane, la transition énergétique algérienne doit ainsi reposer sur trois piliers: l’exploitation massive du solaire, l’exploration du potentiel géothermique et la construction d’une véritable industrie nationale des énergies renouvelables. Une condition essentielle, selon lui, pour préserver la souveraineté énergétique et répondre durablement aux défis climatiques.

Photo d'illustration ajoutée par Akar Qacentina: Abdenour Keramane, ancien ministre de l’Industrie et des Mines. Keramane Abdenour/Encyclopédie de l'énergie

Samia Boulahlib
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