Algérie

Al Rayan Bank rembourse ses créances


Al Rayan Algerian Bank, établissement financier en voie de liquidation, a entamé hier la délicate opération de remboursement de ses différentes créances. Selon l’avis de presse lancé par le liquidateur Salah Chafi, par lequel il informait les clients, il s’agirait de la première phase.

Les clients pourront ainsi récupérer l’argent qu’ils doivent à la banque au niveau des agences d’Alger, Oran et Annaba. Ces trois agences sont encore ouvertes au cours du mois d’octobre. Le liquidateur tient cependant à aviser les créanciers que, au-delà du 1er novembre, les agences d’Oran et d’Annaba seront fermées. Les clients retardataires devront alors faire le déplacement vers l’agence de la capitale pour se faire rembourser. C’est le même cas pour les clients dont les comptes sont domiciliés à l’agence de Blida. Par contre, pour les agences de Sétif et de Chlef, pourtant déjà fermées, elles devront rouvrir exceptionnellement leurs portes pour satisfaire les créanciers et ce, annonce le liquidateur, du 14 au 19 octobre. Mais au-delà de cette échéance, c’est l’agence d’Alger qui prendra le relais.

Il va sans dire que les créanciers devront se présenter aux guichets de la banque, munis de la lettre portant accusé de réception de leur déclaration de créances ou bien des accusés de réception des bons de caisse, chèques de banque et carnets d’épargne.

Al Rayan Algerian Bank, pour rappel, s’est vu retirer l’agrément par le Conseil de la Monnaie et du Crédit le 19 mars de l’année en cours. En effet, selon la «sentence» de la plus haute autorité en la matière, cette banque n’a pas satisfait aux prescriptions du règlement n° 04-01 du 4 mars 2000. Ce dernier détermine avec exactitude le capital minimum des banques et établissements financiers exerçant en Algérie, pris en application de l’ordonnance numéro 03-11 du 26 août 2003 relative à la monnaie et au crédit. Al Rayan Bank, qui a obtenu son agrément le 8 octobre 2000, avait pour principal actionnaire un homme d’affaires qatari, membre de la famille régnante dans cet émirat, qui détenait 91% des actions alors que les 9% restants appartenaient à des Algériens. De plus, cet établissement disposait aussi d’une entreprise d’assurance et de réassurance. D’autres banques, à l’instar de Mouna Bank et ARCO Bank pour ne citer que ces deux établissements, ont subi le même sort que la banque Al Rayan car n’ayant pu augmenter leur capital à hauteur de 30 millions de dollars comme exigé par la législation. Cette cascade de retraits d’agrément aux banques privées a incontestablement été un coup dur pour le secteur privé bancaire, tant son crédit auprès des Algériens a été sérieusement ébranlé.

L’affaire Al Khalifa Bank, ou l’escroquerie du siècle comme se plaisent à la qualifier les Algériens, a rajouté pour beaucoup dans cette perte de confiance des Algériens pour les banques privées. A ce titre, il est utile de rappeler que beaucoup de clients de cette dernière banque attendent toujours d’être remboursés et, de guerre lasse, ils ont récemment saisi le président de la République pour trouver une issue à leur problème.

Les pouvoirs publics, qui sont en train de rectifier le tir au fur et à mesure dans ce vaste processus de réforme bancaire et financier, semblent marquer des points. Il n’y a qu’à voir le nombre de plus en plus important d’établissements financiers étrangers qui demandent l’agrément auprès des autorités monétaires. Aux dernières nouvelles dans les milieux bancaires, on parle avec insistance du prochain retour sur la place d’Al Rayan Algerian Bank qui serait sur le point d’introduire une nouvelle demande d’agrément.


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