Algérie - Fêtes Traditionnelles

Aïn Témouchent, Les Ouled Sid Cheikh font leurs waâdate. Fantasia et couscous party



En cette fin d’août, à travers le Témouchentois, le monde rural a ravi la vedette aux 80 km de littoral bondés de milliers d’estivants. Ainsi, les sons du tbal, de la ghaïta, du qalouz, de la zorna, celui du baroud de l’allégresse, les colorées fantasias et le couscous servi à profusion, ont déplacé l’intérêt sur les villages et les douars.

De la sorte, les petites agglomérations de l’Algérie profonde se sont ébrouées pour sortir de leur morne anonymat, renouant avec le festif faste des traditionnelles waâdate. Aussi, jeudi dernier, pas moins de huit d’entre elles ont eu lieu à travers la wilaya de Aïn Témouchent comme dans ses alentours. Il y en aura autant la semaine prochaine et les autres, alors que d’habitude, elles sont étalées dans le temps, selon un informel calendrier. En fait, ce qui a chamboulé leur agenda, c’est l’approche du Ramadhan. De la sorte, il a obligé les adeptes des marabouts à les fêter dans un bien court laps de temps. Les Ouled Sid Cheikh sont certainement les plus embêtés dans l’affaire, eux qui ont le plus de waâdate et dont les membres de leur confédération de tribus sont répartis à travers tout le territoire de la wilaya, cela depuis la fin du XIXe siècle et le début du siècle dernier, lorsque celles-ci émigrèrent des Hauts-Plateaux vers le Tell en particulier à l’appel de l’Emir Abdelkader. On les appelle communément les Laghouat bien que ce nom ne soit que celui d’une grande fraction des tribus de la région d’El Bayadh. Ce nom les différencie en fait des H’miane qui, eux, sont originaires de la région de Mechéria et qui sont plutôt implantés sur la plaine de M’léta. Il les différencie également de tribus installées plus anciennement à l’instar des fameux Beni Amer et des Douair dont une des plus illustres figures est El qaïda Halima d’El Amria. Le chamboulement du calendrier a fait que les cavaliers sont obligés de faire jeudi matin une waâda et l’après-midi une autre puis le lendemain deux autres. Quant aux invités, ils ne savaient plus où donner de la tête, la préséance ayant été donnée aux plus proches du clan. Ainsi, la plus importante et la plus ancienne des waâda, Oum jdour, celle de Ouled El Kihel, n’a pas bénéficié du même engouement que les années précédentes. Mais encore, l’affluence a manqué parce que les habitudes ont commencé à se perdre. En effet, les tentes qui accueillaient les visiteurs sont de moins en moins nombreuses, les gens préférant recevoir, sur invitation, dans leur domicile au village. La donne est ainsi changée, puisque auparavant, sous une tente, il n’était nul besoin d’en connaître le propriétaire pour s’y installer à l’heure du déjeuner, du dîner ou du sommeil. Quelques autres, par contre, tiennent tant et si bien à la belle étoile qu’ils ont doté leurs tentes de groupes électrogènes. En réalité, les visiteurs ont eux aussi changé. Ils portent désormais l’indiscrète caméra numérique. Par ailleurs, ils et elles surtout, sont en tenue pour le moins osée au sein d’un monde qui en période de waâda renoue avec la bédouinité et ses rudes valeurs. Heureusement que dans tout cela, les petits citadins profitent de l’occasion pour faire connaissance avec les chevaux, pour de vrai, caressant leurs naseaux ou leur pelage. Eux, et même leurs parents ne savent pas que les waâdate ne sont pas que des festivités de fin d’année agricole. Elles sont l’occasion de reprendre langue les uns avec les autres et de briser l’éloignement. Elles constituent une opportunité pour les uns et les autres de s’informer, de réaliser des transactions ou de passer des alliances. Cependant, les waâdate ne servent pas toutes à cela puisqu’elles n’ont pas le même caractère. Par ailleurs, au-delà de l’automne, il y en aura d’autres. Parmi celles-ci, il y aura les waâdate Rijal lablad, qui ne sont pas dédiées à un saint patron d’une localité mais à plusieurs saints. En effet, au lieu qu’il y ait plusieurs petites fêtes chaque fois à l’initiative de seulement quelques familles dévouées à un saint, la population s’y met d’un coup pour les fêter toutes. Et puis, il y aura les waâdate des Touat et les Sidi Blel avec karkabou et tout leur spécifique cérémonial ainsi que celles de zaouïa à l’instar de Sid El Gazouli sur les monts Oulhaça.




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