Algérie

Agronomie : La formation face à la mondialisation végétale


Intervenue sur injonction du FMI et de la Banque Mondiale, sa dissolution aura privé le secteur de l’agriculture d’une école de formation supérieure dont la notoriété aura largement dépassé les frontières africaines et Arabes, en ce sens que l’ex-ITA accueillait de nombreux étudiants originaires de ces contrées.

Créée pour les besoins en cadres de terrain pour les différentes structures de production, d’enseignement et de recherche du secteur de l’agriculture, cette institution avait en grande partie participé au renouveau de la production agricole par la mise sur le marché de près de 10 000 agronomes. Profitant d’un réel flottement consécutif à la baisse drastique de la ressource nationale et au passage forcé sous les fourches caudines du FMI et de la BM de la souveraineté nationale, les responsables de la sphère de décision furent contraints d’appliquer un programme d’ajustement structurel dont le secteur public sera la première cible. Ce seront des pans entiers du système de formation qui en feront les frais. Dans ce cadre, c’est certainement le segment de la formation agricole et agronomique qui payera les plus lourds tributs. Mis en place durant la première moitié du vingtième siècle, pour répondre aux besoins de l’agriculture coloniale, le réseau des écoles régionales d’agriculture, les centre d’enseignement agricole et les CFPA s’étendait à travers toutes les régions agricoles du pays. Maintenu et étoffé durant les premières années de l’indépendance, ce système n’aura pas permis de répondre aux besoins colossaux de l’agriculture autogérée. Si bien qu’à la veille du lancement de la révolution agraire, concomitamment avec le premier plan quadriennal de développement (1970-1973), en raison de la faiblesse de l’encadrement qui continuait à fournir de manière parcimonieuse les ingénieurs qui manquaient terriblement au pays, la décision d’appréhender différemment l’équation sera prise à un très haut niveau. En 1969, fut décidée la création de l’ITA de Mostaganem. Bénéficiant des structures de l’ancienne caserne de l’armée Coloniale que la défense affectera au ministère de l’agriculture, l’institut aura la charge de former en moyenne 500 ingénieurs d’application, chaque année, repartis à travers pas moins de 7 profils de formation. A la veille de sa dissolution puis de son transfert à l’enseignement supérieur, l’ex-ITA avait formé pas moins de 9 000 cadres entre ingénieurs d’application, ingénieurs d’Etat et près de 200 techniciens supérieurs. Bénéficiant de trois exploitations agricoles expérimentales, qui lui étaient rattachées, l’Institut disposait d’un accès privilégié aux structures de production, de vulgarisation, d’études et de recherches sous tutelle du ministère de l’Agriculture. Des ramifications qui assuraient à ses étudiants un accès à l’expérimentation et à la production.

Une renaissance salvatrice

Ce lien sera rompu de manière brutale lors du transfert en 1997 à l’enseignement supérieur. Emportant dans son sillage tous les aspects pratiques sans lesquels une formation de ce genre ne pouvait que péricliter. Si bien que depuis une dizaine d’année, cette école qui faisait la fierté du pays, rentrera dans le rang, sans rechigner. Perdant au passage un prestige justifié acquis par les longues années d’abnégation et de recherches. Le parallèle avec l’Institut des télécommunications d’Oran est saisissant. Cet autre fleuron de la formation supérieure, dont les enseignants avaient refusé l’intégration au MESRS et exigé puis obtenu le gel du décret publié au journal officiel en même temps que celui portant dissolution de l’ITA. Depuis quelques jours, un léger frémissement est en train de se produire au niveau de ce département avec l’arrivée d’une nouvelle composante du conseil scientifique et la désignation d’un nouveau chef de département. L’installation qui avait été présidée par le doyen de la faculté des sciences aura surtout été l’occasion pour constater que la communauté des agronomes avait besoin de se ressaisir afin de retrouver une cohésion et une démarche afin de sortir définitivement du grand marasme qui l’aura caractérisé durant ces dix dernières années. C’est en tous cas la priorité de Sahnoun Attou, le nouveau chef du département qui nous dira sa disponibilité à réunir toute la famille des agronomes. Même si la tâche parait insurmontable, beaucoup d’enseignants auront déjà manifesté leur volonté d’y participer. C’est à ce prix que cette grande institution pourra renaître de ses cendres.
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