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500.000 personnes confrontées à des «conditions catastrophiques»: L'ONU déclare la Famine à Ghaza



  L'IPC, un organe de l'ONU a officiellement déclaré, vendredi, la famine à Ghaza, annonçant que plus de 500.000 personnes dans la bande de Gaza sont désormais confrontées à des « conditions catastrophiques », soit le niveau le plus élevé de son classement en matière d'insécurité alimentaire, « caractérisé par la famine, la misère et la mort ».

La principale conclusion à tirer de cette annonce de l'IPC, est que Ghaza n'est plus menacée de famine mais que c'est déjà une réalité. Cette situation concerne particulièrement le gouvernorat de Ghaza, qui comprend la ville de Ghaza et ses environs immédiats, où l'IPC a constaté que 30% de la population est confrontée à des conditions catastrophiques, et 50% à une «situation d'urgence», le niveau inférieur. Les conditions dans le gouvernorat du nord de Ghaza sont «aussi graves, voire pires, que dans le gouvernorat de Ghaza», affirme encore l'IPC, précisant qu'en raison du manque de données, dû au bouclage de cette région par les forces d'occupation sionistes, l'organisme n'est pas en mesure de classer cette zone.

L'IPC prévoit également que la famine touchera les gouvernorats de Deir el-Balah et Khan Younis d'ici la fin du mois de septembre, ce qui fera passer à environ 641.000 le nombre de personnes souffrant de famine. L'IPC a déjà déterminé que 25% et 20% de la population de ces gouvernorats, respectivement, sont déjà classés dans la catégorie 5, correspondant à une catastrophe. Il prévoit également que 132.000 enfants âgés de 5 à 6 ans souffriront de malnutrition aiguë avant juin de l'année prochaine, ainsi que 55.000 femmes enceintes et allaitantes et 25.000 nourrissons ayant besoin d'une aide nutritionnelle urgente. Largement dépeuplé de Palestiniens à la suite des opérations militaires israéliennes, Rafah, le gouvernorat le plus au sud de l'enclave, n'a pas été analysé par l'IPC. Selon l'IPC, il s'agit de la détérioration la plus grave de la situation depuis le début de ses analyses dans la bande de Ghaza.

L'IPC a rappelé qu'une famine est en cours lorsque trois éléments sont réunis: au moins 20% des foyers doivent affronter un manque extrême de nourriture, au moins 30% des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition aiguë, et au moins deux personnes sur 10.000 meurent de faim chaque jour. Réagissant à cette annonce, Dr Ramiz Alakbarov, coordinateur humanitaire pour le territoire palestinien occupé, a déclaré dans un communiqué, que «la confirmation aujourd'hui de la famine dans le gouvernorat de Ghaza n'est pas seulement un nouveau signal d'alarme», mais une «sirène retentissante après des mois d'alertes». «C'est un signe avant-coureur de ce qui pourrait bientôt toucher d'autres parties de la bande de Ghaza», a-t-il ajouté. / «Cette catastrophe est entièrement d'origine humaine. Malgré des avertissements répétés et des efforts inlassables pour l'éviter, la volonté politique d'assurer le bon déroulement des opérations humanitaires de l'ONU et des ONG a tragiquement fait défaut», affirme encore Dr Alakbarov.

Le même responsable met en garde qu'une «nouvelle escalade de la guerre entraînera davantage de déplacements forcés, de violence et de destructions généralisées». «Elle détruira encore davantage les vestiges des systèmes de santé, d'approvisionnement en eau, d'assainissement et d'hygiène, et augmentera les épidémies, aggravant les conditions qui favorisent la malnutrition aiguë», lit-on dans le communiqué.

Le coordinateur humanitaire pour le territoire palestinien occupé appelle à «faciliter l'acheminement rapide et sans entrave de l'aide et des services humanitaires ainsi que des fournitures commerciales à travers la bande de Ghaza par tous les points de passage et toutes les voies terrestres, y compris directement vers le nord et vers la ville de Ghaza». Il a également réitéré «l'appel urgent en faveur d'un cessez-le-feu immédiat et permanent», la «libération immédiate et inconditionnelle des otages et des personnes détenues arbitrairement, qui doivent toutes être traitées avec humanité».

L'armée israélienne poursuit ses massacres

Vendredi 685e jour de l'agression sioniste contre la population civile de Ghaza et plus de 5 mois (173 jours) de siège total de l'enclave, l'armée génocidaire d'Israël poursuit ses massacres contre les femmes, les enfants, et les personnes à la recherche d'aides alimentaires. Le rapport statistique publié, hier, par le ministère de la Santé, fait état de 403 victimes lors des précédentes 24h (jeudi), dont 71 martyrs et 251 blessés transférés vers les hôpitaux de Ghaza, portant à 62.263 martyrs et 157.365 blessés, le nombre total de victimes Palestiniennes depuis le 7 octobre 2023. Le bilan des victimes depuis la reprise des bombardements, le 18 mars 2025, passe ainsi à 10.717 martyrs et 45.324 blessés. En outre, l'armée d'occupation et les agents de la fondation américaine «GHF» ont tué 24 Palestiniens et blessé 133 autres dans les «centres d'aide» israélo-américains, durant les précédentes 24 heures, portant le nombre total des victimes parmi les demandeurs d'aide alimentaire à 2.060 martyrs et 15.197 blessés.

Par ailleurs, le ministère a fait état, hier, du décès de 2 adultes affamés, portant le nombre total de victimes de la famine et de la malnutrition, imposée par Israël et soutenue par les Etats-Unis, à 273 martyrs, dont 112 enfants.

Hier, vers 15h ((localement), le bilan des victimes des bombardements et des tirs israéliens était de 52 martyrs, dont 36 dans la ville de Ghaza et 5 autres parmi les personnes attendant de l'aide alimentaire dans différentes zones de l'enclave.

Par ailleurs, dans une déclaration publiée jeudi, le ministère de la Santé a rejeté la demande de l'occupation de faire «transférer les ressources du système de santé du gouvernorat de Ghaza vers le sud de l'enclave». «Le ministère de la Santé exprime son refus de toute mesure susceptible de compromettre ce qui reste du système de santé après la destruction systématique opérée par les autorités d'occupation. Il considère que cette mesure priverait plus d'un million de personnes (du gouvernorat de Ghaza, ndlr) de leur droit aux soins et mettrait en danger la vie des habitants, des malades et des blessés», affirme le communiqué.


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