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Zoom sur les recherches de Kaci Mahrour



Zoom sur les recherches de Kaci Mahrour
Un travail de recherches intéressant entre passé, présent et futurUne belle «leçon d'architecture» qu'est cette exposition: «Des ksour à la Casbah, l'art d'habiter l'urbain en Algérie» actuellement visible jusqu'au 28 avril.Dans le cadre du Mois du patrimoine l'Institut français d'Alger accueille depuis le 1er avril une exposition d'architecture et d'urbanisme signé Illili Mahrour, architecte (Dplg Paris-Belleville). Cette exposition est un hommage en fait, consacrée au travail de son père, un amoureux des cités algériennes et détenteur de leurs secrets.Il s'agit de l'architecte algérien Kaci Mahrour décédé en 2004. Conçue par sa fille Illili Mahrour, l'exposition s'appuie sur les deux textes fondateurs de la pensée architecturale développée par Kaci Mahrour en Algérie. A partir de documents originaux et inédits du fonds iconographique personnel et des recherches de l'architecte, l'exposition aborde, à la fois, les cités du Sud et du Nord avec l'idée qu'une unité architecturale et philosophique existe et qu'elle identifie l'art d'habiter en Algérie. S'est associé à cette exposition, le travail photographique en noir et blanc de Fayçal Rezkallah, alias Fay La Faille. Cette collection de photos baptisées « ? ?Mur ? ?mures: le secret des remparts» s'est joint de façon originale à l'exposition d'architecture. Elle est en fait l'écho comme une sorte de résonance avec cette architecture habitée de l'homme à la matière, là où les murs racontent leurs histoires.D'ailleurs, sur toutes ces photos, on y voit des hommes dans le désert adossés au mur.. Aussi, dans l'exposition «Des ksour à la Casbah, l'art d'habiter l'urbain en Algérie» l'architecte Illili Mahrour propose une «leçon d'architecture» à travers la découverte du projet architectural de restauration d'une partie de l'aile extérieure du Ksar d'Aghlad Aghriben (Timimoun 2004). «C'est une invitation à la compréhension du processus de conception architectural dans un contexte de préservation patrimoniale en illustrant la complexité conceptuelle que nécessite impérativement la sauvegarde du patrimoine architectural algérien. En privilégiant une démarche de bonne gouvernance et avec un souci de développement durable, l'architecte décryptera l'approche «projetationnelle» de Kaci Mahrour qui a su associer la maîtrise des techniques constructives traditionnelles aux subtilités des espaces archétypiques de l'architecture savante du Sahara algérien.» Avec photo, et textes à l'appui, l'exposition explique l'art de la réhabilitation des ksour de la Cité au Sahara algérien.Mais le travail ne consiste pas de parler uniquement du présent, mais d'évoquer également le passé à travers les caractéristiques du «plateau» durant l'ère coloniale et le rôle qu'a joué, notamment le baroud dans l'édification de la culture nomade, mais surtout dans la mise en fuite de l'ennemi et la formation du «village» à cette époque-là, véritable axe urbain bâti par les Français (mairie, poste, école etc). Mais le ksar trouve son essence là où il y a de l'eau d'où la référence incontournable aux foggaras qui sont invoquées comme témoin essentiel de la vie dans le désert.Kaci Mahrour parle aussi d'aujourd'hui dans ses travaux en soulignant «la nécessité de l'adaptation de nos constructions nouvelles à un paysage où à un milieu architectural spécifique...». Enfin, l'exposition se termine par une série de questionnements légitimes portant sur le devenir de nos sociétés modernes. «Quelle place la ville ancienne occupe-t-elle au sein de nouvelles formes urbaines' Quelles formes urbaines sont produites aujourd'hui' Et enfin, quel habitat pour quelle ville demain en Algérie'» de très bonnes questions à méditer!Outre l'expo, un workshop devait être conçu et animé la semaine dernière par l'architecte Illili Mahrour, mais aussi un atelier pédagogique gratuit, à l'Institut français d'Alger, aux enfants de 8 à 12 ans. Le but nous indique-t-on est que les enfants «puissent découvrir le métier de Maâlem, l'architecte incontesté du patrimoine algérien par la création d'un «Carnet de croquis», outil indispensable à tout architecte.». Une sorte de perpétuation du flambeau et ce n'est qu'une bonne initiative à saluer.


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