Alger - A la une

Zoom sur l'enfance en détresse



Zoom sur l'enfance en détresse
Premier film, premier succès et premier étonnement devant la verve artistique de cet auteur-compositeur-chanteur, Khaled Barkat, qui, contre toute attente, entre dans l'univers du septième art algérien non pas comme un inconnu, mais presque en conquérant. Au grand bonheur des cinéphiles algérois qui auront à savourer, tout au long de cette semaine, son long métrage, « Titi », dans le cadre de l'animation culturelle de la ville d'Alger » qui se déroule jusqu'au 18 février aux salles Ibn Khaldoun et Algeria, à Alger, sous l'égide de l'Agence pour le rayonnement culturel (Aarc) coproductrice du film avec la boîte de production Studio Dirah et l'établissement Arts et culture de la wilaya d'Alger. Avec un scénario poignant et une esthétique peu habituelle pour un premier baroud d'honneur, le désormais réalisateur, Barkat, s'en va à c?ur ouvert et projecteurs à l'appui, mettre toute la lumière sur l'insoutenable légèreté de l'être humain, au fond du trou où croupit l'enfance exploitée, à tort et à travers, par des monstres aux formes humaines. Un vif esprit « Kunderien » plane sur ce film qui fait déjà date. Titi, un môme espiègle, d'une famille bourgeoise, se perd dans la nature dans la foulée d'une course avec son chien. Le triste sort a voulu que ça soit le jour de son anniversaire. Dans l'errance et le désarroi, ne sachant à qui vociférer sa peur, il finit par trouver refuge - et quel refuge ! - chez une famille qui, sans vergogne aucune et toute honte bue, décide d'en faire un otage dans l'espoir d'une récompense de la part des richissimes parents de l'enfant. Le temps passe et l'enfant est manu militari réduit à l'esclavage. Etourdi par cette descente aux enfers, il ne sait quoi dire, que faire, sinon subir les pires supplices de ses ravisseurs. Loin de nous l'envie de nous étaler sur l'histoire de ce film qui marque, avec force, l'entrée en scène cinématographique de l'ancienne star de la pop musique en Algérie durant les années 80, dont le mérite, et surtout la lucidité, est d'oser traiter, avec l'art et la manière, la place de l'enfant dans une société algérienne qui ne le gâte point, ni même l'école et la famille à l'adresse de qui le réalisateur pointe un doigt franchement accusateur.


Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)