
L'absence de la sénatrice, hier, au Conseil de la nation, pour la séance de vote du projet de loi de finances 2016, a beaucoup étonné. L'ancienne moudjahida, avec qui nous avions longuement discuté hier à Alger, en présence de l'ancienne ministre de la Culture Khalida Toumi, s'explique et elle semble avoir toutes les raisons de boycotter un vote dont l'issue était vraisemblablement connue d'avance. Elle a de quoi en vouloir à ses pairs du bureau du Sénat. Tout a commencé lundi matin, lorsqu'elle s'est inscrite sur la liste des intervenants dans le débat pour la journée de mardi à 11h. Jusque-là, rien d'extraordinaire. Sauf que, en fin de journée, elle reçoit la visite, alors qu'elle était dans son bureau, d'un fonctionnaire du Sénat qui l'a informée que le débat serait écourté et qu'elle devait finalement intervenir sans tarder. "J'étais dans mon bureau lorsque vers 17h, un fonctionnaire du Sénat est venu me voir pour me demander d'intervenir immédiatement au motif que les débats allaient finalement être clôturés ce lundi." Elle devait donc intervenir même si elle ne s'était pas encore totalement préparée. Mais elle n'est pas au bout de sa surprise : "Au moment où je suis entrée dans la salle des plénières, le président du Conseil de la nation, Abdelkader Bensalah, abandonnait la présidence des débats et quittait les lieux. Quelqu'un d'autre l'a remplacé pour présider la séance. À peine ai-je commencé à lire ma déclaration que ce dernier s'est amusé à éteindre puis à rallumer mon microphone. Au bout de sept minutes, il m'a ôté la parole et a carrément débranché mon micro. Je me suis alors levée et j'ai continué mon intervention sans microphone. Mais hélas, la presse n'était plus là pour relater ce qui s'est passé et surtout reprendre mon intervention. Et ce n'est pas fortuit s'ils ont choisi de me faire intervenir à 17h passées..." Le hic est que les débats n'ont pas été clôturés comme annoncé pour Zohra Drif, mais avaient repris le lendemain mardi, dans la matinée. C'était donc une ruse, voire une arnaque. Zohra Drif-Bitat considère, à ce propos, qu'elle a été "victime d'une volonté inavouée de censure". Khalida Toumi, qui a pris part à la discussion, ne pouvait se retenir : "Vous vous rendez compte que c'est à la compagne de Hassiba Benbouali qu'on a interdit la parole. Ce qu'ils ont fait à Zohra Drif-Bitat est aussi une forme de répression, voire de violence. C'est un comportement mafieux." Ainsi, Zohra Drif-Bitat estime avoir accompli son devoir en disant non à "un projet de loi de finances antinational". Quant au vote, elle dit l'avoir fait "publiquement devant le peuple et la presse, et non pas devant cette bande mafieuse".M. M
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mehdi Mehenni
Source : www.liberte-algerie.com