Une terrible nouvelle vient de tomber sur la scène culturelle et médiatique algérienne. Connu de tous, le photographe r eporter Zinou, alias Zinedine Zebar, vient de nous quitter, emporté par la maudite Covid-19 à l'âge de 63 ans.Annoncée par sa famille sur les réseaux sociaux dans la nuit de jeudi, cette disparition a ébranlé ses proches, qu'ils soient photographes, journalistes, auteurs, artistes ou simples amateurs de photographies.
Car outre sa gentillesse, sa générosité et son humour, il s'est démarqué par son talent et ses ?uvres, notamment celles portant sur notre patrimoine. Originaire de Sétif, Zinedine Zebar s'installe en France, précisément à Paris, où il intègre l'école de photographie. Il entame sa carrière de professionnel en 1988, comme reporter photographe à l'agence de presse parisienne, peut-on lire dans sa biographie.
À cet effet, ce chasseur d'images "effectue plusieurs reportages sur la vie sociale et politique en France, et a été envoyé spécial dans les pays arabes". Il a également été parmi les photographes ayant immortalisé à travers son objectif la montée de l'extrémisme en Algérie durant les années 90. Ainsi, pour la qualité de son travail technique et regard singulier, ses clichés ont été publiés dans des magazines internationaux.
En 2008, il commence une carrière en free-lance en collaborant dans différents organes de presse, tels que VSD, Paris Match, Le Figaro, Le Parisien, Times ou encore Al Ahram. Ce travail de terrain et cette grande expérience menée avec passion permettent au "sniper" de la photo de relever d'autres défis : l'édition, en participant à l'ouvrage Les phares d'Algérie. Vigie de la côte (éditions Casbah, 2016, 226 pages), avec le journaliste Mohamed Balhi.
Une année après la parution de ce livre, Zinou a ouvert le kiosque ZZ Image, spécialisé dans la photo touristique, situé à l'angle du square contigu à la rue Mohamed-Khemisti et à l'avenue Pasteur. À propos de cette initiative qui se veut "d'abord didactique", il avait indiqué : "J'ai à c?ur de partager ce féerique album de photos de l'Algérie, sous forme d'épreuves de formats A3 et A4 panoramiques qu'il est loisible à l'acquéreur d'encadrer pour offrir ou enjoliver son intérieur" (article paru dans nos colonnes le 30 septembre 2017).
Par ailleurs, très dynamique, Zebar était toujours sur le terrain et avait plusieurs projets sous l'objectif. Selon l'APS, "ces dernières années, il s'est intéressé à la réalisation de la grande mosquée d'Alger depuis les fondations, prenant des centaines de photos de l'évolution du chantier". Aussi "il préparait un livre sur Alger vue du ciel, en collaboration avec la wilaya d'Alger" et sur la ville d'Oran.
Depuis l'annonce de sa disparition jeudi soir, les hommages et témoignages n'ont cessé sur les réseaux sociaux, pour dire et raconter l'incroyable homme et photographe qu'il était. La journaliste Ghania Mouffok a écrit un texte émouvant, dans lequel nous pouvons lire : "Le petit frère Zinou est parti (...) Avec Zinou, on riait tout le temps.
Zinou était aussi gourmand que ses joues étaient rondes, ses yeux pleins de malice, il était si moqueur, il aimait vivre, boire et parler, il avait gardé de sa vie parisienne cette élégance du jean, chemise blanche et cravate, et parfois, il ajoutait à son blazer sombre une pochette en soie." "Zinou était photographe, il était de ceux-là qui jamais ne s'arrêtent de faire une photo.
De cette génération qui, après avoir couvert la guerre, avait choisi de faire semblant de l'oublier pour prendre juste la lumière du monde comme si elle avait épuisé son insondable obscurité", a-t-elle confié. Pour sa part, l'auteur Lazhari Labter a posté : "Son regard manquera désormais à la lumière. Zinedine Zebar n'est plus, sa lumière a fui !"
Hana M.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Hana MENASRIA
Source : www.liberte-algerie.com