De petites secousses engendrant de petites frayeurs. Petite pause, les roches retiennent leur souffle. Puis lâchent. Le grand, the big one, grosse déchirure souterraine qui secoue l'écorce terrestre comme un tapis géant. D'une magnitude de 8.5, un séisme frappe Alger, comme en 1716 où la ville et ses 20 000 habitants avaient été rasés. Prévisible depuis ce mois de mai 2013, l'activité sismique s'était intensifiée ; après Tablat 4.5, Béjaïa 5.5, Oran 3.2, Mostaganem 4.7 et Djelfa 3.7, qui ont montré toute la fragilité du nord du pays. Vieille et mal entretenue, accrochée à des flancs de montagne usés et des versants fatigués, Alger est dévastée.
Le professeur Chelghoum, président du club des risques majeurs, l'avait expliqué au Soir d'Algérie le 26 mai : «L'Algérie est loin d'être outillée pour faire face à un grand séisme.» C'est la catastrophe. La Casbah disparaît, le Télemly ainsi qu'El Biar, assis sur des terrains gorgés d'eau, descendent, écrasant le centre de la capitale qui meurt par étouffement. Le massif ministère de la Défense s'affale sur la descente des Tagarins et la Bibliothèque nationale, puis sur le Palais du gouvernement, détruisant tout au passage. Le monument aux morts de Riadh El Feth se déchire et tombe sur le haut Belcourt, occasionnant des milliers de morts. Zeghara s'affaisse sur Bologhine, Kouba glisse sur Hussein Dey, qui disparaît. Les quartiers du bas Alger sont dévastés et leurs restes sont avalés par la mer qui s'est déchaînée.
Toutes les nouvelles cités, construites à la hâte, s'effondrent comme des châteaux de cartes, pendant que les vieux quartiers ne sont plus que décombres. Un million et demi de morts. Alger est rasée ; le wali, blessé mais vivant, explique qu'il n'y a rien à faire contre la colère de Dieu. Les rares islamistes rescapés accusent les femmes, trop légères, mais celles-ci sont mortes pour la plupart, cloîtrées dans leurs maisons. Le président de la République vient de se rétablir. De Paris, il prend un avion pour Alger, avec son frère et son médecin. Alger n'est plus. Petit sourire, il n'y a plus rien à gouverner et tous ses opposants sont morts.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Chawki Amari
Source : www.elwatan.com