
Les intérêts stratégiques des deux pays dans la région semblent guider les Américains et les Russes dans leurs politiques vis-à-vis de la Syrie, comme l'indiquent les déclarations de John Kerry et de Sergeï Lavrov sur la présence militaire russe dans ce pays.Le chef de la diplomatie russe n'a pas mis beaucoup de temps pour répondre aux inquiétudes américaines, auxquelles sont venues se greffer celles de la France jeudi.Moscou n'a cependant laissé planer aucun doute sur le maintien de son aide militaire au régime de Bachar al-Assad. "Nous avons aidé, continuons d'aider et aiderons le gouvernement syrien pour fournir à son armée tout ce dont elle a besoin", a rétorqué Sergueï Lavrov, tout en calmant le jeu. "La Russie ne prend actuellement aucune mesure supplémentaire" de renforcement de sa présence, a-t-il affirmé en réponse aux inquiétudes du département d'Etat concernant un déploiement de matériel, notamment des préfabriqués pouvant accueillir des soldats et une tour de contrôle aérien mobile, près de Lattaquié.Sergueï Lavrov a cependant admis que les avions russes à destination de la Syrie, qui inquiétaient les Américains et la Bulgarie, transportaient non seulement de l'aide humanitaire, mais aussi de l'équipement militaire. Le ministre russe des Affaires étrangères, qui a révélé avoir parlé mercredi avec le secrétaire d'Etat John Kerry, n'a pas caché son étonnement à propos d'une phrase de son homologue américain : "Il a dit quelque chose de très étrange. Il a dit que soutenir Al-Assad dans sa lutte antiterroriste revenait à renforcer les positions de l'EI." "C'est d'une logique absolument absurde", a-t-il dénoncé.Il est clair que chacune des grandes puissances défend sa part du gâteau dans cette région stratégique du Proche-Orient. Le soutien aux parties en conflit ou les sanctions qui leur sont imposées varient en fonction des intérêts de tout un chacun. Par ailleurs, suite à la levée des objections de Moscou, des diplomates ont indiqué que l'ONU allait finalement pouvoir lancer une enquête sur de récentes attaques chimiques en Syrie attribuées par les Occidentaux au régime. Le Conseil de sécurité de l'ONU avait adopté à l'unanimité, le 7 août dernier, une résolution créant un "mécanisme conjoint d'enquête" entre l'ONU et l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC). Mais la Russie, qui préside le Conseil en septembre, tardait depuis lors à répondre.Selon des diplomates, Moscou demandait des garanties sur plusieurs points, notamment le respect de la souveraineté de son allié syrien et le financement. Ban Ki-moon a adressé mercredi une lettre à l'ambassadeur russe Vitali Tchourkine où il l'assure notamment que l'ONU va "consulter rapidement" Damas pour conclure un accord sur le fonctionnement de la mission d'enquête et que les demandes d'accès sur le terrain seront "raisonnables"
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Merzak Tigrine
Source : www.liberte-algerie.com