Trois voyous s'introduisent chez Messaouda, seule, et vont s'allier à... Satan. Mal leur en prit...
Le crime auquel nous nous sommes intéressé valait par les horribles détails
narrés par la victime, une vieille dame de 76 ans chétive, menue et franchement à ne pas malmener surtout pas par des jeunes qui ont l'âge de ses enfants cadets. Face aux membres du tribunal criminel d'Alger, la victime a eu à revivre le vol et le viol avec violence subis en 2012 chez elle, à l'est d'Alger. D'ailleurs, l'ordonnance médicale était éloquente. L'arrêt de renvoi était encore plus explicite. Le crime est relaté d'une manière atroce, déchirante...
L'attaque du domicile par les jeunes voyous encagoulés est venue grossir le crime qui a suivi. Les violences physiques avec la menace à l'arme blanche en vue d'obtenir les bijoux de la pauvre grand-mère, seule, car ses petits-enfants sont au travail durant toute la journée, amassant dinar sur dinar et avoir des économies consistantes ont précédé le viol par l'un des voleurs devenu violeur puis tortionnaire. Tortionnaire car le voyou-voleur-violeur avait été démasqué par un geste d'autodéfense de la vieille dame qui a réussi à lui ôter la cagoule. Elle est désormais le témoin à abattre. Et que firent les trois voyous' Heureusement qu'ils ne pensèrent pas au couteau qui avait servi aux menaces. Non, ils voulurent tirer le témoin en montant un après l'autre vers le thorax et l'abdomen de la victime, sautillant croyant atteindre le coeur, les poumons et les organes vitaux en vue de voir la dame cesser de respirer, donc de mourir et adieu les ennuis. Le jeu macabre allait cesser au moment où deux des trois jeunes virent du sang gicler des narines de la vieille dame, laquelle ne disait plus rien. Ils décidèrent alors de s'emparer des deux cent millions de centimes et du lot de bijoux pour quitter la bicoque sise dans le bidonville du coin. La victime, elle, rouvrit les yeux et commença à geindre, geindre, jusqu'à ce qu'une âme charitable entendit les sons nés des gémissements de la victime. Elle se précipita auprès de la victime, vite évacuée vers l'hôpital. Là, une active prise en charge eut lieu alors que dans le domicile, les actifs éléments de la police scientifique avaient débuté les premières investigations. Réanimée, la dame donnera l'info capitale: «Un des deux agresseurs est un voisin âgé de 21 à 26 ans. L'enquête alla alors très vite. Maître Farida Djellad est constituée en faveur de Messaouda F. 76 ans, fille de martyr et veuve d'un ancien moudjahid. L'avocate d'El Harrach allait préparer un véritable réquisitoire en guise de plaidoirie d'une partie civile formée par la vieille et son petit-fils qui a été volé (210 millions de centimes). En face, c'est Maître Touili qui défend les deux agresseurs-voleurs-violeurs alors que le troisième est dans la nature. Il est d'ailleurs activement recherché par toutes les polices de l'est d'Alger. Pour revenir aux faits, rappelons que les trois: Houssine G. Chérif G. (le troisième reste inconnu des enquêteurs qui n'ont que son signalement physique) avaient pris la fuite. Le lendemain, l'un des deux suspects achète une voiture pour quarante millions de centimes (fruit du butin) et prend la route vers l'Est. Arrêté en cours de route dans un barrage de routine, il est renvoyé sur El Harrach où il «donne» l'un de ses complices qui s'avère être un voisin de la victime violentée, battue, volée, violée et laissée pour morte. La machine judiciaire et ses féroces machoires vont rouler encore plus vite que l'auto achetée avec de l'argent mal acquis... De retour at home, la vieille malheureuse va s'apercevoir que tous ses papiers se sont volatilisés. Une course éreintante pointe à l'horizon pour tout reconstituer. Durant les débats, l'intime conviction des membres du tribunal criminel d'Alger dont le président Ali avait fait preuve d'une frousse qui n'a pas sa raison d'être à la seule vue de journalistes dans la salle d'audience, était de mise. Mais comme le ridicule ne tue pas, passons et revenons aux faits qui ont laissé apparaître l'association de malfaiteurs qui ont failli s'achever sur un meurtre que les voleurs n'ont jamais visé au tout début n'était le... bienheureux (ou malheureux) geste de la victime qui avait arraché la cagoule portée par le voisin...
Au milieu de toutes les déclarations, tous les démentis, les «non, ce n'est pas moi qui..» ou encore «c'est celui-là qui m'a fait le plus mal» et autres graves accusations durant le viol... animal, Maître Djellad s'impatientait pour jouer son rôle, tout simplement.
L'interrogatoire des deux accusés avait pris beaucoup de temps car les deux assesseurs et les deux jurés avaient tenu à s'informer à la barre du plus petit détail du crime et puis, allons-y des crimes avec un «S» majuscule. Le procureur général ayant requis la peine la plus exigée par la loi, il s'agissait pour l'avocat des deux accusés d'aller à contre-courant du dossier. Il le fit avec beaucoup de conviction allant jusqu'à réclamer bruyamment l'...acquittement, tentant de semer le doute en réévoquant les trous de mémoire de la victime pas près d'oublier cette maudite journée. Malheureusement pour lui, sa consoeur, Maître Farida Djellad, avait balisé le «terrain» durant sa remarquable plaidoirie où elle avait balancé beaucoup d'émotion, telle cette exclamation: «Regardez bien la victime. Avait-elle la séduction pour être violée par des individus ayant l'âge de ses... petits-enfants'» Ou encore cette autre affirmation: «Quelle porte blindée ou quels barreaux faut-il placer pour arrêter de tels dangereux individus et retrouver la sérénité dans les foyers' L'avocate ajoutera avec un flot de sanglots retenus au fond de sa gorge que cette dame s'adresse à la justice et à Allah pour «qu'elle retrouve la paix, celle qui l'habitait une minute avant que ses tortionnaires au parfum du départ vers le travail de son petit-fils, unique protecteur, ne fissent irruption dans le domicile et s'adonner à une macabre danse satanique perverse, atroce et ignoble que seul le glaive de la justice peut faire oublier.» Un silence lourd, pesant à la limite de l'agacement, régnait dans la salle d'audience qui verra le tribunal criminel se retirer et revenir avec le verdict tant attendu: le fuyard écope de vingt ans de réclusion criminelle alors que Houcine et Chérif G., les deux cousins ont eu leur compte, juste ce qui pouvait apaiser Messaouda: dix ans de réclusion pour chacun d'eux. Et eux qui ne s'attendaient pas à une confiserie offerte par la justice. La morale de ce triste procès est que lorsque la police judiciaire va au fond d'une affaire, c'est tout l'édifice de la justice qui s'éclaire et le citoyen de retrouver un sourire introuvable ailleurs. L'avocate aura le dernier mot: c'est Messaouda qui va pouvoir dormir un bon bout de temps, car ceux qui lui ont fait du mal, ont pris un sacré congé!» Oui, sacrée avocate et un long congé.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abdellatif TOUALBIA
Source : www.lexpressiondz.com