
Jamais la température politique n'a atteint son plus bas niveau dans les centres de vote de la capitale. On a l'impression que l'Algérois n'est pas concerné par ce rendez-vous électoral.Les Algérois n'ont pas été au rendez-vous électoral pour élire leurs représentants à la future Assemblée nationale (APN). Il est 9h, nous sommes au centre de vote Mohamed-Belaïd des Grands-Vents (El-Achour) qui compte 4 bureaux et 780 inscrits. Les séniors sont passés par-là dès l'ouverture du centre pour mettre dans l'urne les bulletins des candidats favoris sous le regard des représentants des partis politiques. L'accalmie est totale, en attendant les jeunes et les femmes qui, pour le moment, ne se sont pas montrés. Dehors, sur la RN36 menant vers Ouled-Fayet, des dizaines de camionnettes Harbine jalonnent la voie publique avec leur marchandise, avec cette mention "Tout à60 DA". La température politique est, en revanche, légèrement vive au centre de Sidi Slimane (Kheraïcia) qui a accueilli, fin 2016, une cité de 1 200 logements.De longues chaînes sont formées devant les 6 bureaux de vote où sont inscrits 2 361 électeurs. L'autre queue est formée devant le bureau du chef dudit centre pour orienter ceux qui n'ont pas encore leur carte de vote. Un septuagénaire, ancien moudjahid, le sourire aux lèvres, sort du centre. "Tous les moyens sont déployés, c'est bien. Mais l'organisation fait défaut. Ils ont failli donner ma carte à un autre électeur. C'est dramatique !" dira cet homme, visiblement déçu par ce dépassement relevant de l'atteinte à la loi électorale.Il est 10h, on annonce un taux de participation de 2% à Birtouta, notamment au centre de vote de Hamici où les observateurs venaient de quitter les lieux, avec un satisfecit dans les bagages. Autour des centres, comme sur l'autoroute, pas moins de 4 000 gendarmes sont déployés pour sécuriser ce scrutin placé sous haute surveillance. C'est le cas à Zéralda, la Bridja, Sidi-Fredj, Mahelma et Souidania. Le passage du chef de l'Etat annoncé, le périphérique est bouclé. Il est 11h, nous arrivons à Baraki. La localité est complètement verrouillée par les gendarmes. Entre fouilles, contrôles et orientations pour fluidifier la circulation, très dense en cette journée ensoleillée et semblable à un jour férié, les Tuniques vertes sont déployées partout. Au centre de vote Saïd-Doukani, on enregistre 60 votants sur 1 855 inscrits. Une octogénaire, en l'occurrence Mme M. Nafissa, s'invite au débat. Victime du terrorisme, cette vieille dame a vu sa maison détruite et son fils, employé au port d'Alger, égorgé par les hordes terroristes en 1997. "J'ai toujours voté et je voterai jusqu'à mon dernier souffle", lancera-t-elle en sanglots. N'ayant pas bénéficié d'une carte de vote, elle exhibe son passeport et martèle : "Il ne me reste qu'un fils. Il est dépressif après le traumatisme subi en 1997. Aujourd'hui, je n'ai même pas où habiter. J'espère que les futurs députés vont nous visiter un jour. Qui sait '" Il est midi, on annonce un taux de 2,5% de participation à travers les 13 wilayas délégués du Grand-Alger. Pas d'indécis qui s'invitent devant les portillons, encore moins de boycotteurs visibles aux alentours, la matinée du rendez-vous électoral s'achève sur une douzaine de dépassements à Alger, dont neuf cas liés à la transgression de la loi électorale et deux autres cas liés à un problème matériel, c'est-à-dire au manque flagrant de bulletins de vote de certains partis politiques au centre Larbi-Ben M'hidi de Réghaïa et au centre Pasteur d'Alger-Centre où le chef de file du RND, Ahmed Ouyahia, venait de voter. Un autre cas flagrant s'est déroulé au centre Ali-Aïda, à Zéralda.En effet, une jeune dame, pointée à l'entrée du centre, a demandé aux électeurs de voter en faveur des candidats de son parti politique. Réquisitionnés par le chef du centre, les gendarmes ont pris les mesures nécessaires et ont entamé les démarches administratives pour signaler ce dépassement.Du reste, au centre de vote Tarik-Ben-Ziad de Bourouba, les électeurs se font désirer. En revanche, nous notons une totale discipline et une organisation irréprochable, avec la présence des partis politiques, des observateurs étrangers et des délégués de la Haute instance indépendante pour la surveillance des électeurs (Hiise).Enfin, à El-Biar, nous notons une légère hausse des électeurs au centre de vote Le jardin du Sahel. Le nombre de votants est passé de 51 électeurs à 10h à 211 électeurs.Là aussi, dans les centres urbains, pas moins de 5 000 policiers ont été mobilisés dans les centres de vote.FARID BELGACEM
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Farid Belgacem
Source : www.liberte-algerie.com