Il y a de quoi s'arracher les cheveux devant le manque de sérieux dans l'envoi...incomplet d'un pourvoi!
Le foncier et ses fléaux continuent de troubler le sommeil des magistrats dignes. A chaque fois qu'un magistrat s'empare d'un document concernant un litige qui tourne autour du foncier, il ouvre une double feuille où figurent soit des cachets, soit des signatures, il craint d'être mordu par un scorpion qui y sommeille.
Les Benabdallah père et fils rongent du pain noir depuis pratiquement sept années. Et ce pain noir provient d'un faux exécuté par un notaire qui n'a pas eu froid aux yeux ni dans le dos pour...exécuter les Benabdallah lesquels avaient eu la malchance de signer conjointement avec le futur bénéficiaire du faux, en l'occurrence Mohand Moulay Idriss (Tiens, tiens!) qui avait mis la main sur le «magot» à savoir les mille trois cent cinq hectares des Benabdallah propriétaires depuis 2003, date qui les a vus acheter au Cap Bleu (daïra de Aïn Turk) auprès des «héritiers Rahou Halima».
L'acte de propriété avait été rédigé en 2005 auprès de Yellès le notaire. Ce dernier intercèdera plus tôt en fin 2004 pour les Benabdallah à revendre ces terres agricoles à un Tlemcénien Achaâchi à la réputation pas aussi nette que ses entreprenantes démarches d'acquisition des terres agricoles pour en faire d'immenses terrains d'assiettes dans le but d'y réaliser des projets touristiques et immobiliers, pris en mains par des investisseurs étrangers casquant lourdement. Et c'est là où rien ne va plus. Les Benabdallah finissent par écouter Achaâchi qui exigera la signature d'une promesse de vente avec, en marge, des conditions, avantageuses pour toutes les parties. Il y avait même une «condition-capitale», en cas de désaccord de retrait ou de renoncement à l'acquisition, Achaâchi devra casquer dix fois le prix prévu dans le contrat de vente. Entre les deux parties, Maître Yellès, le notaire, va jouer le rôle principal: user de faux sur la promesse de vente où de nombreux rajouts y compris au...stylo et en manuscrit SVP n'auront pas de suite surpris des magistrats. Ces derniers finissent par confondre le faussaire et crim', il écope d'une lourde peine de huit ans de réclusion criminelle (et non emprisonnement car ce n'est pas un délit dans ce dossier), alors que Mohamed Moulay Idriss le complice et auteur de l'usage de faux prend un trois ans de réclusion. Nous étions en 2008! et le 10 mai!
Pour les Benabdallah, c'est le ballon d'oxygène! Leurs terres sont sauvées grâce à la justice. La justice! Cette institution respectable qui ne pousse qu'au respect et à la crainte!
Hélas! les résultats en dents de scie laissent certains justiciables avancer dans le noir des dédales de cette même justice. Et les Benabdallah en feront les frais juste lors du pourvoi en cassation.
Et c'est là (ou ici) où le bât blesse. Les Benabdallah père et fils rencontrés dans les environs de la Cour suprême, près du Val d'Hydra (Alger) nous font part de leur courroux à la suite de pas mal d'étranges coincidences:
Et le jeune Benabdallah, Krimo, de se lamenter, auteur d'erreurs matérielles réalisées à la cour de Bel Abbès où l'on avait expédié le pourvoi sans cachet ni signature du greffier de l'audience: «Que veut dire cette double omission' Au départ, nous n'avions mon père et moi, rien trouvé d'anormal. Mais c'est à l'issue de l'audience criminelle (la deuxième de retour de la Cour suprême) que nous avions compris la supercherie!» Oui, si le notaire avait écopé de sept ans de réclusion, Achaâchi, lui, avait été tout simplement acquitté!
«C'est un scandale. Le bénéficiaire du faux réalisé par le notaire qui s'en tire à bon compte!» rugit Krimo venu à Alger s'enquérir de l'autre pourvoi «qui a fait de la mousse au siège de la Cour suprême car nous attendons depuis plus de quinze mois!!!» conclut provisoirement la victime qui regrette qu'entre- temps, le terrain disputé, a vu l'arrachage des arbres et l'octroi aux Italiens d'un projet immobilier touristique et culturel de grande envergure, qui n'attend que l'aval de la Commission nationale de l'investissement avant le Ramadhan. «Seul Allah peut nous sortir de cette escroquerie sans qualificatif», s'est exclamé Krimo Benabdallah qui était venu attendre la date du retour du dossier à Bel Abbès...
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abdellatif TOUALBIA
Source : www.lexpressiondz.com