
Il arrive que l'économie perde la tête, qu'elle soit folle, et fasse un pied de nez aux banquiers, aux salariés, comme aux experts de la finance, pareillement aux politiciens soucieux de préserver les équilibres macroéconomiques. La mondialisation de l'économie et du commerce a montré les limites de la théorie de Keynes à la suite de la crise des subprimes de 2008, qui a vu les principaux Etats capitalistes voler au secours des plus grandes banques, des établissements financiers et des assureurs grâce à l'impulsion de la planche à billets.Ainsi, le libre jeu des marchés et de la concurrence n'apporte pas forcément les protections nécessaires à la croissance, et dans le même temps aux contournements des dépassements budgétaires ; tout comme il n'apporte pas de solutions au chômage de masse. «L'implication excessive de l'Etat dans l'économie tue l'économie», telle est la devise longtemps entretenue par l'immense influence des capitalistes dans la propagation des idées selon lesquelles «la privatisation de l'économie serait le miracle pour éviter la faillite d'un système de gouvernance basé sur la croissance coûte que coûte». Est-ce vrai pour circonscrire des crises, surtout si elles sont inattendues par la population, mais prévisibles pour les initiés aux sciences économiques ' Assurément que non, car les sciences économiques sont inexactes.Bien des facteurs peuvent influencer positivement ou négativement la croissance. La chute brutale des cours du pétrole rappelle cette amère réalité, qui a fini par pénétrer dans tous les foyers des cinq continents. Chaque pays devra dans la limite de ses moyens financiers chercher une solution pour atténuer une crise dissemblable. Chacun devra se débrouiller seul dans un monde où les économies sont imbriquées, et où les monnaies sont au centre de la déstabilisation des Etats en voie de développement ou émergents.Pour faire bref, la Banque centrale européenne a décidé de faire démarrer sa planche à billets pour éviter la déflation, autrement dit la faillite des principaux leviers économiques.Encore une fois, un argent qui n'a aucune légitimité est créé artificiellement pour dynamiser l'économie de la zone euro. Les Américains l'ont fait à diverses reprises, notamment pour refinancer leurs banques, déjà au plus fort de la crise en 2008. Dans cette optique, c'est l'Etat qui intervient, pas les fonds colossaux du secteur privé, comme quoi, il y a mal donne entre les pays toutes les fois que le capitalisme se heurte à une crise majeure.L'Algérie face à la crise exogène à la suite de la baisse des recettes de sa fiscalité pétrolière, et en tant que pays en voie de capitaliser ses productions, aurait donc tous les droits de faire tourner sa planche à billets, au lieu de compter sur une augmentation de la fiscalité ordinaire.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Amar Khelifi
Source : www.lnr-dz.com