L'Algérie, par le biais de son chef de la diplomatie, a réitéré dimanche,
toute l'attention accordée par les autorités du pays au dossier des ex-détenus
algériens de Guantanamo, transférés vers la Bosnie-Herzégovine après leur
libération. Le dossier de ces ressortissants algériens, libérés par
l'administration américaine et transférés en Bosnie-Herzégovine, a été évoqué,
dimanche, par le ministre des Affaires étrangères, M. Mourad Medelci, et son
homologue bosniaque, M. Sven Alkalaj, qui a entamé dimanche une visite
officielle en Algérie. « Nous avons évoqué cette question et nous accordons la
plus grande attention à la situation de ces personnes qui ont des statuts
particuliers qu'il faudra examiner au cas par cas », a indiqué M. Medelci dans
une déclaration à la presse à l'issue de la signature de deux accords de coopération
entre l'Algérie et la Bosnie-Herzégovine. Le ministre a en outre signalé qu'il
s'agissait d'Algériens mariés à des Bosniaques, qui ont des enfants et qui
sont, aujourd'hui, dans leur seconde patrie, la Bosnie-Herzégovine. M Medelci a
affirmé que ces ex-détenus seront les bienvenus s'ils souhaitent, un jour,
venir en Algérie.
Toutefois, M. Medelci a tenu à préciser qu'il n'avait pas engagé avec son
homologue bosniaque des négociations sur cette question. « Nous avons tout
simplement échangé des informations à ce sujet », a-t-il fait remarquer. De son
côté, le ministre bosniaque s'est dit tout à fait d'accord avec M. Medelci, «
s'agissant des trois personnes dont nous avons parlé, et que nous avons accepté
de recevoir chez nous. Ce sont des pères de famille, ils ont bien été pris en
charge et ont pu voir leurs épouses et leurs enfants », a-t-il indiqué.
Concernant les autres détenus, le ministre bosniaque a indiqué que les
Etats-Unis ont décidé de les traiter au cas par cas « Dès que nous aurons des informations
sur leur situation, nous vous les communiquerons », a-t-il ajouté. Trois
détenus algériens de Guantanamo, disculpés le mois de novembre dernier par la
justice américaine d'accusations de terrorisme et qui ont été libérés, sont
arrivés à la mi-décembre en Bosnie, pays dont ils possèdent la nationalité et
ont été autorisés à rentrer chez eux après un entretien au siège de l'Agence
bosniaque centrale d'enquête et de protection (SIPA, services de renseignement)
à Sarajevo. Les trois hommes, Mustafa Aït Idir, 38 ans, Mohamed Nechla, 40 ans,
et Hadji Boudella, 43 ans, font partie d'un groupe de six Algériens résidant en
Bosnie et arrêtés fin 2001 par les autorités bosniaques, qui les soupçonnaient
de préparer un attentat contre l'ambassade américaine de Sarajevo. Ils ont été
transférés en janvier 2002 vers le camp de détention de la base navale américaine
de Guantanamo, à Cuba.
Près de sept ans après l'ouverture de cette prison, un juge américain,
Richard Leon, a reconnu pour la première fois en novembre que certains détenus,
en l'occurrence cinq de ces six hommes, y étaient enfermés illégalement et a
ordonné qu'ils soient libérés. Il s'agit des premières libérations du camp de
détention de Guantanamo effectuées par l'administration Bush sur ordre de la
justice. Mme Nadja Dizdarevic, l'épouse de l'un des détenus, Hadji Boudella,
avait indiqué que la lutte pour le retour de ces trois hommes est terminée.
Mais la lutte pour les trois autres Algériens et tous ceux qui sont restés
là-bas n'est pas achevée. Le quatrième détenu du groupe bosniaque s'est vu,
lui, refuser sa libération par la justice américaine.
Il est accusé d'avoir eu l'intention de se rendre en Afghanistan pour y
combattre les Etats-Unis et « d'organiser le voyage d'autres personnes dans le même
but ».
Les deux autres détenus dont la libération a été ordonnée, Lakhdar
Boumediene, 42 ans, et Saber Lahmar, 39 ans, ne pourront pas être transférés
vers la Bosnie car ils n'ont pas la nationalité bosniaque, a récemment expliqué
Vjekoslav Vukovic, un haut responsable du Parlement bosniaque. Ils devraient
être transférés vers l'Algérie, selon un responsable de défense américain,
interrogé par l'AFP à Washington. Selon des éléments de l'enquête, certains de
ces ex-détenus se connaissaient entre eux avant leur interpellation par les
autorités bosniaques à l'automne 2001 à la demande de l'ambassade américaine.
Les Etats-Unis les soupçonnaient alors de fomenter un attentat à la bombe
contre l'ambassade américaine de Sarajevo. Après trois mois d'enquête, la
police bosniaque n'ayant rien trouvé contre eux s'apprêtait à les relâcher
lorsque les Etats-Unis ont demandé qu'ils leur soient livrés. Selon Me Stephen
Oleskey, un de leurs avocats cité par l'agence française, à l'époque, les
Etats-Unis assuraient le commandement des forces de stabilisation de l'ONU en
Bosnie et ont fait pression sur le gouvernement.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Djamel Belaïfa
Source : www.lequotidien-oran.com