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Virée au Musée d'art moderne d'Alger



Virée au Musée d'art moderne d'Alger
De passage à Alger, je suis allé comme à chaque voyage "chez moi" visiter l'expo en cours au Mama, le nouveau Musée d'art moderne d'Alger érigé au centre de la rue commerçante d'Alger, la rue Larbi-Ben-M'hidi, (ex-rue d'Isly), dans les prestigieux locaux qui abritaient les anciennes Galeries de France, devenues ensuite Galeries algériennes.Le thème de l'exposition m'intéressait au plus haut point, puisqu'il concernait un sujet cher à tous les Algériens de ma génération ("Enfants de la guerre"), et qui ont vécu, en direct, durement souvent, la guerre de Libération. "Les Héroïnes algériennes". Ce sont des photographies en noir et blanc très réussies de visages de jeunes filles combattantes durant la guerre d'Algérie, notamment la Bataille d'Alger. Le nom de la plupart d'entre elles nous était familier, et les revoir était pour moi un voyage dans le passé et une façon de revisiter la mémoire et replonger dans ces grands moments de notre Histoire.Je parcourais avec beaucoup d'intérêt les deux niveaux de l'exposition, et chaque photographie évoquait en moi un souvenir, ou un fait particulier, et je terminais l'exposition à la recherche de telle ou telle autre héroïne, dont j'ai lu plusieurs ouvrages, entendu plusieurs faits ou vu plusieurs films sur ses actes de bravoure... mais, quelle ne fut ma surprise de constater, tout en fin de visite, que l'une d'entre elles, la plus connue, la plus citée, la plus médiatisée, "l'icône" de cette Révolution, glorifiée et honorée par le monde entier, de la Chine au Pôle Nord, qualifiée par feu le président Nasser de "Pyramide du monde arabe", Djamila Bouhired, ne figure pas dans cette exposition... J'en fus perplexe, au bord de la révolte, mais gardant mon calme, je me suis dirigé vers l'accueil de l'exposition pour leur faire remarquer que "l'exposition paraissait incomplète..." Le préposé à l'accueil me fit remarquer que "non, non, elles sont toutes là, du moins les vivantes !..."Je lui répondis que celle à qui je pensais était justement, et Dieu merci, bien vivante.... ! Et là, il bafouait, et me dit : "De qui voulez-vous parler '" Je lui répondis : "Je ne vous le dirai pas, puisque vous le savez pertinemment. Je parle de l'icône... Et là, je fus estomaqué par cette réponse digne du parti unique ! "Non, vous savez, c'est un problème de place !... La prochaine fois, on mettra 'les autres'." J'en suis parti dépité, dégoûté, assommé par "tout ce que ces gens sont capables de faire pour gommer, détourner, trahir l'Histoire", et ça recommence !Et ce qui m'attriste encore davantage, c'est bien ce fatalisme qui frappe les Algériens au point d'accepter "tout ce qui leur tombe sur la tête"... Et l'élite qui ne s'implique pas dans ces combats d'idées ne dénonce jamais "ces petites dérives quotidiennes" qui font les grands bouleversements anti-démocratiques, comme les petits ruisseaux font les grandes rivières !...Aucun journaliste ayant assisté au vernissage de cette exposition n'a fait un papier pour signaler ce fait... Etonnant, quand même !Je me sens, toutefois, soulagé d'avoir eu à exprimer mon étonnement et ma révolte face à ce hold-up de la mémoire de la guerre d'Algérie.À qui profite le crime... 'Une pensée affectueuse et mes hommages fraternels et respectueux à notre grande s'ur Djamila, mais aussi à toutes les autres, afin que nul n'oublie.Un visiteur indignéNomAdresse email


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