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Violence et cours de soutien



Violence et cours de soutien
On ne sait pas si cela relève d'une malencontreuse maladresse technique ou d'une association jugée «pédagogiquement pertinente», mais une journée d'étude vient de se tenir à Alger avec cette double thématique : «La violence en milieu scolaire» et «Les cours particuliers» ! Et si, à Dieu ne plaise, ceux qui ont eu l'idée d'organiser cette rencontre et d'en arrêter les sujets sont dans le second cas de figure, c'est que les choses doivent être on ne peut plus graves. Parce que s'ils ont envisagé une quelconque corrélation, ou plus grave, une relation de cause à effet, le diagnostic, comme la thérapie, se compliquent dangereusement. A moins que ce ne soit au contraire d'une grande simplicité : en mettant fin aux «cours particuliers», ce qui est en principe à la portée de la tutelle et des autres institutions «intervenantes».Ne tirons pas pour autant des plans sur la comète. En matière de journées d'étude et de séminaires comme sur d'autres plans, nous avons l'habitude de tout mélanger. L'organisation de ce genre de conclave étant souvent une fin en soi, ce qui y est attendu est d'abord la promotion des initiateurs. Quant à l'efficacité des résultats et leur impact sur le terrain, ils sont facultatifs. Sinon, on n'aurait peut-être pas mélangé «la violence en milieu scolaire» et «les cours particuliers».Même quand on n'y voit aucun lien direct. A moins qu'on ne s'essaie à d'impossibles exercices de contorsionnistes, la proximité entre les deux «phénomènes» est difficile à établir. Il faut quand même souligner que l'usage du vocable «phénomène» ne tient pas de l'exercice de style, puisque c'est à la faveur de cette journée d'étude qu'il a été utilisé, indifféremment pour «la violence en milieu scolaire» et pour «les cours particuliers» ! Dans la vraie vie, l'école reproduit la violence que sécrète la société.C'est peut-être trop simple, mais il n'y a pas d'autre éclairage plus pertinent. Un «phénomène» d'une telle ampleur ne peut logiquement pas épargner un lieu de présence humaine aussi important que l'école. Surtout que les établissements scolaires ne sont plus, à supposer qu'ils aient été un jour, un espace d'éveil, d'ouverture et de sérénité que suppose l'acquisition des connaissances et de formation à la citoyenneté.Le professeur lâche qui regarde faire dans la rue un petit malfrat ou un illuminé qui agresse une fille ne peut pas empêcher l'écolier de sortir son couteau du cartable en pleine cour de récré. Et l'un dans l'autre, un enseignant qui donne des cours de «soutien» dans un garage à des élèves qu'il va retrouver le lendemain en classe «normale» ne peut pas décemment aller en séminaire proposer des solutions. Il est le problème, dans une large mesure, comme ceux qui le laissent faire pour ne pas avoir à s'occuper de sa misère sociale. Mais dans les «journées d'étude», on parle d'autre chose. On peut donc tout mélanger.Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.


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