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Vieux bâti, l'épicentre du problème



Vieux bâti, l'épicentre du problème
Les poètes et les nostalgiques de la belle époque ont beau forcer le trait sur «Alger la Blanche», notre capitale ne respire pourtant plus la beauté ni n'inspire les ciseleurs de vers qui ont serti leurs répertoires des mille et une facettes de cette ville jadis si envoûtante. El Bahdja est triste de ne pouvoir procurer du plaisir à ses nouveaux occupants à force d'être oubliée, au point de menacer ruine. Il a fallu un autre séisme pour que nos responsables se réveillent en sursaut, vendredi dernier, et découvrent, comme nous tous, qu'Alger vieillit, Alger se meurt?Avant ce caprice de la nature, ni le danger mortel suspendu au-dessus des têtes des habitants ni leurs cris de détresse n'avaient réussi à secouer un peu les consciences ankylosées de ceux qui sont censés prendre soin de ce patrimoine historique et architectural bicentenaire.Le vieux bâti. Voilà un vocable qui a fait couler beaucoup d'encre, de peinture, de promesses et évidemment d'argent. Chaque nouveau gouvernement promet monts et merveilles pour, sinon reconstruire Alger, au moins ravaler sa façade qui prend des rides.Combien de fois n'avons-nous entendu des ministres et des walis s'engager avec grandiloquence à entreprendre des opérations de restauration d'immeubles ou de destruction pour en édifier d'autres ' Et à ce jeu-là, parce que c'en est finalement un, l'ex-ministre de l'Aménagement du territoire, qui ravit la vedette. Ils nous ont bluffés avec des maquettes tout droit sorties de leur imaginaire et des plans aguichants de ce que serait virtuellement Alger demain? Mais on se rend compte aujourd'hui que c'était juste de la com', de l'autopromotion et de l'activisme politique qui a bénéficié, il faut le dire, de la petite berceuse médiatique.Après tout, les promesses n'engagent que ceux qui y croient. Alger vieillit, dépérit au vu et au su de tous. Des immeubles entiers tombent en ruine. Où est donc cet aménagement du territoire ' Où est le bilan concret de ce ministère de la Ville créé non pas pour sauver Alger, sa Casbah et les autres grandes villes du pays, mais pour caser des personnalités périphériques au pouvoir sous forme de prébende électorale ' On remarquera d'ailleurs que ce ministère a été supprimé tant il n'avait pas de fonction dans un pays où l'on détruit plus que l'on construit.Le séisme de vendredi est donc juste une piqûre de rappel que notre capitale est en danger de mort subite, ses murs ne tenant qu'à un frétillement sensiblement fort de la terre. Un gâchis monumental. Il n'y a hélas que les tremblements de terre et les catastrophes naturelles qui font bouger un peu les choses. Et encore, pas pour longtemps. Il va y avoir certainement quelques opérations de colmatage et de rafistolage d'immeubles pour dire aux Algérois, meurtris par cette peur existentielle de perdre femmes et enfants à la moindre secousse, que l'on va s'occuper de vous.Mais à côté du vieux bâti, il y a des vieux réflexes. Nos responsables sont passés maîtres des effets de manche sans lendemain et des mesures en trompe-l'?il. Quelques chanceux vont être relogés, mais la majorité va prendre son mal en patience en attendant la prochaine secousse qui pourrait tout emporter, à Dieu ne plaise. Le pouvoir dans toutes ses déclinaisons a prouvé son incompétence à prendre en charge le vieux bâti, à Alger et ailleurs. Il est l'épicentre du problème.


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