Le ministre de l'Agriculture et du Développement rural, Rachid Benaïssa, a annoncé hier une batterie de mesures en faveur des agriculteurs, éleveurs et opérateurs de l'agro-industrie décidée dans le cadre de la loi de finances complémentaire 2008.
Intervenant lors d'une conférence de presse animée au siège de son département, Rachid Benaïssa a affirmé que ces nouvelles mesures sont venues ainsi répondre aux préoccupations de l'ensemble des filières du secteur de l'agriculture. Benaïssa a annoncé l'adoption de sept nouvelles mesures, adoptées lors du récent conseil du gouvernement. Il a fait état des allègements sur les charges pesant sur les agriculteurs, les éleveurs et les opérateurs de l'agro-industrie allant de la réduction des taxes jusqu'à la suppression des taux d'intérêts bancaires, à l'exonération de la TVA, pour certains produits élémentaires pour le développement de l'ensemble des filières agricoles. Le message de Benaïssa était assez clair. «Nous avons adopté une série de mesures, à l'initiative du président de la République qui a voulu donner une impulsion décisive à la mise en oeuvre de la politique de renouveau de l'économie agricole et rurale (...) mais il faut savoir que ce soutien et ces mesures incitatives sont conditionnées». Et d'ajouter: «L'Etat a tenté ainsi de répondre à toutes les attentes formulées par les professionnels du secteur, il faut jouer le jeu en relevant le défi, afin d'assurer la sécurité alimentaire».
Le ministre a exposé dans les détails le contenu de ces nouveaux dispositifs. A commencer par la mesure concernant les taux d'intérêts bancaires. Le ministre a affirmé la prise en charge totale des intérêts des crédits de campagne octroyés aux agriculteurs et aux éleveurs, par l'Etat. Il a annoncé dans ce cadre qu'un fonds national de régulation de la production agricole a été adopté pour la prise en charge de cette mesure. Il a également souligné que ces crédits, qui seront octroyés sans intérêts, serviront à la réhabilitation et au repeuplement des étables, à la réalisation des infrastructures de stockage ainsi que les investissements pour l'économie de l'eau. Le ministre a annoncé en outre la suppression de la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) des engrais azotés, phosphatés, phospho-potassiques et les engrais complexes ainsi que l'ensemble des produits phytosanitaires. Cette mesure a été prise, selon le ministre, pour à la fois aider le lancement de la campagne agricole 2008-2009, et rendre accessible aux agriculteurs les facteurs de production nécessaires pour améliorer les rendements. Une autre mesure de taille a été également prise par le département de Benaïssa. Cette mesure consiste à exonérer de la TVA les loyers versés dans le cadre des crédits-bail, notamment sur le matériel agricole produit localement. Cette mesure, qui restera en vigueur jusqu'au 31 décembre 2018, a pour objectif d'encourager l'utilisation de matériels et d'équipements agricoles (produits en Algérie) qui sont nécessaires à la préparation des sols, l'intensification céréalière, les activités agricoles et d'élevage.
Le ministre a annoncé d'autres mesures aussi importantes. Entre autres, l'institution d'un fonds spécial d'appui aux éleveurs et petits exploitants agricoles. Ce fonds, explique Benaïssa, devra ainsi assurer la couverture totale des charges d'intérêts des éleveurs et des petits exploitants, et ce, pour développer l'élevage et les petites exploitations agricoles en zone de montagne, de steppe et des oasis. Sachant que le ministère de l'Agriculture et du Développement rural a déjà programmé l'installation de 10.000 unités d'élevage à travers le pays, d'ici la fin de l'année. D'autres mesures sont également prévues pour le développement de la production animale, comme la suppression de la TVA sur les intrants dont le coût sur le marché ne cesse d'augmenter. Le département de Benaïssa et le gouvernement n'ont pas négligé l'industrie pharmaceutique vétérinaire puisque les fabricants de médicaments vétérinaires vont bénéficier d'une exemption des droits et des taxes sur les produits chimiques et organiques importés par les fabricants de la filière vétérinaire. Cette mesure, explique le conférencier, vise essentiellement l'encouragement de l'industrie pharmaceutique vétérinaire.
Le ministre s'est s'interrogé pourquoi encourager l'importation au détriment de la production nationale ? Il a expliqué que «le médicament vétérinaire importé est soumis à des droits de douanes de 5 % et une TVA de 7 %, alors que la matière première importée, qui est nécessaire à la production locale, est soumise à une taxe de 15 % et à une TVA de 17 %, ce qui rend le prix de revient du produit fini plus élevé».
Enfin Benaïssa a fait état d'une série de dispositions relatives à l'encouragement de productions stratégiques de semences animales, végétales et plants. «Elles seront prises dans le cadre du système d'encouragement à l'investissement du régime dérogatoire», a-t-il précisé.
Benaïssa a réaffirmé le soutien et l'encadrement de son secteur aux professionnels. «Il faut que les professionnels sachent profiter de cette occasion qui leur est offerte pour moderniser leur système et développer leur filière», a-t-il recommandé. En concluant «ces mesures entreront en vigueur, précisément d'ici 15 jours», a-t-il affirmé.
Par ailleurs, le ministre de l'Agriculture a annoncé, qu'après la pomme de terre, le nouveau système de régulation des produits agricoles de large consommation sera élargi à d'autres produits. Le ministre a commencé par la viande en laissant entendre que le dossier est déjà sur la table des discussions. Et d'ajouter la possibilité de généraliser ce système de régulation «qui a prouvé son efficacité» aux produits tels que l'oignon et la tomate. Sans plus de précisions, le ministre a fait savoir que ces mesures seront appliquées quelques jours avant le mois de Ramadhan afin de préserver les revenus des agriculteurs et protéger le pouvoir d'achat des Algériens. Pour ce qui est de la pomme de terre, le ministre a affirmé que ce système a réussi puisqu'il a connu un engouement de la part des propriétaires des chambres de stockage. «Le niveau du stock est arrivé à 51.700 tonnes et c'est à l'Etat de décider son déstockage, au moment opportun», a-t-il tenu à mentionner.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : M Aziza
Source : www.lequotidien-oran.com