Le ministre de l'Industrie ne veut plus évoquer le dossier de l'importation des véhicules. Un «problème créé par la presse», dit-il. S'il affirme accepter les «tempêtes et les polémiques», Ferhat Aït Ali préfère recadrer le débat autour de la stratégie globale de son secteur, faisant part de son intention de revenir vers la politique de l'industrie industrialisante, sans pour autant faire du copier-coller des pratiques des années 70.Nawl Imès- Alger (Le Soir)- Plus question de commenter ou de répondre à une question au sujet de l'importation des véhicules. Interpellé hier samedi, le ministre de l'Industrie n'a pas caché son irritation. En réponse à une question posée par une journaliste, Ferhat Aït Ali a répondu, non sans agacement : «Je suis là pour parler de la stratégie du secteur et non pas d'un problème créé par la presse.
La transparence ' Il y a des institutions pour en juger.» Ajoutant : «Je n'ai aucune date au sujet de l'importation de la première voiture. Ce n'est pas à moi de le faire !» Ferhat Ali était beaucoup plus à l'aise en évoquant la stratégie de son secteur qui, dit-il, compte renouer avec la politique de l'industrie industrialisante qui a longtemps été diabolisée jusqu'à créer des complexes chez ses adeptes.
Il dit ne pas craindre de revenir aux paradigmes des années 70 avec une autre vision pour, dit-il, «retrouver le chemin, assurant que cette politique n'était pas «si obsolète». Le ministre de l'Industrie animait une conférence au niveau de l'Institut national d'études de stratégie globale (INESG).
Il y a affirmé que le bradage de l'outil de production national, surtout à des parties étrangères, n'était plus tolérable, et que la priorité sera donnée à la recapitalisation. Ferhat Aït Ali fait un constat, sans appel, de la politique de privatisation qualifiant certaines situations de «rocambolesques», à l'image d'El-Hadjar, et certifiant qu'aucune cession d'actifs n'avait jusque-là donné de résultats positifs.
Présentant sa vision de ce que devrait être le secteur industriel, Ferhat Ali juge urgent de «libérer le pays de la paralysie psychologique» en revenant vers « l'industrie industrialisante» pour reconstruire l'économie sur des bases qui ont été perdues. Pour le ministre de l'Industrie, cette dernière a été victime d'une «valse sans fin, avec un pas en avant, deux en arrière », après les années 70 avec le début de la course au profit, qui a eu pour conséquence des entreprises totalement déstructurées.
Au début des années 90, dit-il, la situation sécuritaire a davantage compliqué la situation avec des entreprises publiques «plombées» et des entreprises privées qui préféraient l'importation. «C'est un miracle que le secteur public ait survécu», dit-il, avec des politiques qui ont choisi de répondre aux urgences conjoncturelles, plutôt que de mettre en place des plans de redressement.
A l'avenir, assure-t-il, il faudra revenir à «l'ambition industrielle», avec pour priorité l'amont, à savoir la transformation de la matière brute tout en s'inscrivant dans une vision de complémentarité.
Ce sont les politiques publiques qui poussent l'économie dans un sens ou un autre, tranche le ministre de l'Industrie.
N. I.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nawal Imès
Source : www.lesoirdalgerie.com