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Vers la fin de l'anarchie '



Avec l'approche des fêtes de fin d'année et le début des vacances scolaires, les offres de séjours et autres excursions pullulent, notamment sur les réseaux sociaux. Elles émanent, pour certaines, d'agences de voyages dûment agréées mais, pour d'autres, les auteurs sont des associations, des bureaux d'affaires ou des particuliers. Une véritable anarchie à laquelle le ministère du Tourisme veut mettre le holà en rappelant que l'organisation de circuits touristiques est du ressort exclusif d'agences agréées et que toute violation de cette disposition pouvait entraîner des sanctions allant des amendes à des peines d'emprisonnement.Nawal Imès - Alger (Le Soir) - Les voyages étant devenus de plus en plus improbables pour cause de situation sanitaire, le tourisme intérieur compense les envies d'évasion.
Avec l'arrivée des vacances d'hiver mais également les fêtes de fin d'année, difficile d'échapper aux très nombreuses offres qui envahissent les réseaux sociaux. Il n'est cependant pas toujours aisé d'en identifier les auteurs.
Et pour cause, les agences de voyages dûment agréées sont concurrencées par des associations, des bureaux d'affaires et même des particuliers qui se découvrent des talents d'agents de tourisme. Tous font des offres pour des séjours dans le Sud, des randonnées dans les montagnes ou des bivouacs. Sont-ils autorisés à le faire ' Pas du tout ! D'ailleurs, le ministère du Tourisme réagit.
Le directeur du tourisme et de l'artisanat a adressé une mise en garde à l'attention des présidents d'associations et propriétaires de bureaux d'affaires dans laquelle il note que « suite à l'expansion du phénomène d'organisation de voyages et excursions par certaines associations et bureaux d'affaires, nous tenons à rappeler que cette activité relève des prestations d'une agence de tourisme et de voyages tel que stipulé dans la loi 99 06 fixant les règles régissant l'activité des agences de tourisme, notamment son article 6 qui stipule que l'exercice de cette activité est subordonné à l'obtention d'une licence délivrée par le ministère du Tourisme ».
Il est rappelé aux associations que la loi qui les régit ne les autorisait qu'à proposer des activités d'intérêt général ou d'utilité publique et non pas lucratives. Elles sont donc sommées, tout comme les bureaux d'affaires, de cesser de proposer circuits et autres séjours « immédiatement », sous peine de poursuites.
La loi 99-06 fixant les règles régissant l'activité des agences de tourisme est en effet très claire : seules les agences de voyages qui sont en possession d'agrément délivré par le ministère du Tourisme, sont habilitées à proposer des services. L'article 22 de cette loi stipule en effet qu'« il est interdit à toute personne physique ou morale non titulaire d'une licence d'exploitation prévue par la loi de se prévaloir, sous quelque forme que ce soit, de la dénomination d'agences de voyages».
L'article 35 de ce même texte ajoute que « quiconque procède à l'ouverture d'une agence de tourisme sans l'obtention d'une licence délivrée par le ministère du Tourisme, est puni d'une amende de 50 000 dinars à 100 000 dinars, et d'un emprisonnement de deux à six mois. En cas de récidive, l'amende est portée au double et la durée d'emprisonnement est de 6 mois à deux ans ».
Dans ce même ordre d'idées, l'article 44 stipule que « l'usurpation du titre d'agent de tourisme sous quelque forme que ce soit, est punie d'une amende de 50 000 à 100 000 dinars et d'un emprisonnement de trois mois à trois ans ».
Et c'est justement ce que risquent les nombreuses personnes qui se sont improvisées agents de voyages sans en avoir le titre ni encore moins des qualification, et qui transportent des dizaines de personnes par bus vers des destinations qui comportent souvent des risques sans être couvertes. Une situation qui irrite au plus haut point le syndicat des agences de voyages.
Son secrétaire général, Nadir Belhadj, explique en effet que « c'est une problématique que nous avions soulevée il y a de cela longtemps. Il s'agit d'une concurrence déloyale de la part de personnes qui ne paient pas leurs impôts et qui se sont substituées aux agences de voyages. Elles n'offrent aucune garantie vis-à-vis de leurs clients qui, d'ailleurs, ne savent pas à qui ils ont réellement affaire lorsqu'ils voient des offres sur des réseaux sociaux et ne font pas de différence entre associations, bureaux d'affaires ou agences de voyages ».
Le secrétaire général du syndicat se dit satisfait de la réaction de la tutelle, espérant que « les choses pourront enfin s'éclaircir ».
N. I.
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