Alger - A la une

Véronique Lagny Delatour extirpe le conte de la vallée du M'zab



Véronique Lagny Delatour extirpe le conte de la vallée du M'zab
Et voici notre conteuse Véronique Lagny Delatour, revenue comme une promesse tenue et honorée auprès de celles et ceux qui l'ont accompagnée dans ses pérégrinations patrimoniales et dont les fruits sont d'autres livres de contes. Ceux-là mêmes réalisés à Ghardaïa, compilés en beaux livres illustrés et mis en valeur par l'image et le sonore, puisqu'un CD est incorporé en fin d'ouvrage. Après des illustrés réalisés dans une double version, celle déjà arabe, touareg et aujourd'hui mozabite, puis en français pour aider à comprendre. Une belle brochette de contes de la vallée du M'zab pour laquelle elle s'est envolée jeudi dernier pour revoir les conteurs et leur remettre des exemplaires de trois livres, deux qui content en parler mozabite, et le troisième exclusivement livré en français. « J'ai promis de revenir à Ghardaïa pour mettre entre les mains des conteurs qui m'ont permis de récolter les histoires de cette région berbère d'Algérie, les contes transcrits et édités.C'est d'ailleurs une exclusivité, puisque ces ouvrages ne sont pas encore parus en France et ils ne seront sur le marché qu'au premier trimestre 2016 ». Et c'est avec le même enthousiasme, sur le même ton jovial, communicatif que Véronique présente ses œuvres qu'elle n'oublie pas de partager avec ses compagnons de cette aventure livresque qu'elle a entamée en 1992, lorsque depuis six ans déjà, elle a échangé ses pérégrination journalistiques pour des voyages plus à même de convoquer ses états d'âme et d'esprit plus enclins à faire autre chose, voire un ailleurs, elle, si peu faite pour la routine. D'ailleurs, elle ne fait pas qu'écrire des contes mais continue de fréquenter l'université en tant qu'enseignante, en dispensant des cours d'anglais de la communication.Et voilà, Véronique demeurée dans cette communication dans laquelle elle a toujours versé qui est toujours son fort, plus que jamais encore aujourd'hui ! L'on a beau tenter une autre tangente, le passé finit par vous rattraper quelque part, car, n'est-ce pas grâce à cette profession de journaliste que notre auteur se voit bifurquer et aisément sur une autre voie ' L'écriture en support. Autre, certes, avec ce côté plaisant qu'elle met dans ce qu'elle raconte, c'est qu'elle aime ce qu'elle fait Véronique, et tout aussi agréable pour celui qui la lit, l'écoute. Et même quand elle présente ses ouvrages, elle trouve le moyen d'introduire dans la discussion un petit résumé de l'histoire contée dans le livre, comme un réflexe dont il est difficile de se démettre. Une spontanéité qui lui va à ravir et telle une enfant, elle se régale de ce que lui a été donné d'écouter chez l'autre et qu'elle arrive à transmettre avec les mots et le trait qu'il faut. Et d'adjoindre l'illustration qui va, et n'hésite pas à changer d'illustrateur quand cela s'avère nécessaire. Elle demeure convaincue que cela rend mieux texte auquel elle dit devoir trouver la pâte qu'il faut, qui colle le mieux.Ghardaïa, Beni Izguen pour raconterEt pour justement ses dernier-nés, le choix a porté sur des dessins qui se rapprochent du style de BD (bande dessinée) signés J M Damien et Anick Lilenthal. Comme elle n'est pas la seule voix qui conte puisque là aussi elle partage avec une autre conteuse pour la version française. L'originel étant pris en charge par le conteur ou la conteuse de la région choisie. Dans « Aghenja-n-mamma Wessara » ou La louche de Mama Wessara, ou encore dans « Anegr ghar agellid acebb d-ugellidwar » pour Le combat singulier du roi sauterelle et du roi lion, Véronique qui cosigne les deux contes avec Ahmed Nou Mxfnoune, livre à un lecteur pluriel d'ici et de là-bas, des histoires du terroir mozabite, recueillis sur place, à la faveur de ses déplacements dans la région. Et de remarquer que cela soit dans Ghardaïa ou dans le Grand sud algérien, c'est à l'homme qu'échoit le rôle de conter. Chez les kabylophones ou arabophones, ce sont plutôt les femmes qui s'en chargent. De plus, Véronique qui s'en est allée fouiner et chercher l'authentique a été bien servie en singularité. Et alors que comme dans tout conte, la morale se rejoint dans le monde, discerner le bien du mal et toujours des héros pour camper les personnages, il est cette particularité dans le conte de Ghardaïa, Beni Izguen, qui met en valeur de simples petites gens, au contraire des princes, princesses, rois, reines, ou gens riches dans les autres histoires de par le monde. Un intermède musical, une chanson, sépare dans sa version sonore, le conte dans les deux langues, mozabite et française. Et le recueil de ces contes a nécessité un mois.Avec l'Institut français d'Alger, Véronique Lagny Delatour a discuté de la possibilité de médiatiser ses ouvrages, de faire fructifier ce travail de longue haleine, à travers des cercles culturels en Algérie. Et les différents salons du livre semblent être une opportunité, comme elle peut en être une, dans les écoles, pourquoi pas ' En tout cas, rendez-vous est donné par l'institut à Véronique intéressé d'exploiter à bon escient cette initiative qui a un lien direct avec ce qui se produit pour l'Algérie. A bon entendeur !


Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)