La Banque mondiale doit reposer son analyse sur des chiffres publics. C'est l'argument principal avancé par l'institution de Bretton Woods pour répondre à ses détracteurs, parmi la presse nationale. Soit. Accordons-lui le bénéfice de l'objectivité sur certains chapitres de son dernier rapport, même si en termes de chiffres, il en est pas mal que la BM n'a pas regardé d'assez près ou tout simplement ignoré. Des chiffres soit dit en passant qui traduisent de réelles avancées dans certains secteurs.La BM, qui se défend de compter en son sein des personnages enclins à la manipulation de rapports, ne dit pas dans sa réponse à la presse algérienne ce que les catastrophes naturelles ont de si important dans les résultats économiques d'un pays comme l'Algérie. Quels sont donc les chiffres publics mis à la disposition des auditeurs qui leur auraient permis de conclure à un risque de tremblement de terre, de tsunami et autre inondation qui mettraient son économie à genoux. Ce qui est valable en Algérie, l'est partout ailleurs dans le monde. On le constate d'ailleurs au quotidien. Tous ces feux de forêt en Californie, des cyclones qui détruisent tout sur leur passage sur les côtés des océans Pacifique et Atlantique, ces inondations qui paralysent des régions entières en Europe...sont comptabilisées par dizaines à travers la planète. Dans le même temps que ces catastrophes naturelles handicapent la relance de nombreuses économies, l'Algérie n'a connu, à l'exception d'une sécheresse qui dure, aucun épisode comparable. Même si un tremblement de terre n'est pas à exclure, la probabilité de son avènement n'est en aucun cas chiffrable. La BM a beau se défendre de faire la partialité, elle ne fournit dans son rapport sur la conjoncture économique de l'Algérie aucun chiffre attestant d'une catastrophe naturelle pour en prévoir l'impact sur l'économie du pays.
Un cyclone à Alger!
L'argument des statistiques publiques invoqué par la BM pour attester de son objectivité est un faux alibi que toute personne censée déconstruirait aisément, en feuilletant le chapitre consacré aux catastrophes naturelles. La raison d'une simplicité limpide, en ce sens que le pays situé sur la rive sud de la Méditerranée bénéficie d'un climat tempéré où l'on n'enregistre aucune manifestation météorologique violente du type cyclone.
Les sismologues sont unanimes à attribuer à la région une activité sismique modérée avec de très rares séquences catastrophiques dans son Histoire. Aussi, lorsque la BM évoque les risques de tremblement de terre et d'inondation pour pointer la fragilité de l'économie algérienne, elle ne fait rien de plus que d'endosser le rôle d'un cabinet de voyance ou d'une agence de météorologie d'une perfor-
mance exceptionnelle. Prédire des ouragans à Alger en 2022 dans un rapport publié en décembre 2021...Le langage des chiffres n'a absolument pas sa place. Cela ne veut pas dire que l'économie nationale est en excellente forme et n'a pas besoin d'occultation. Mais encore faut-il que les spécialistes de la santé financière et économique des pays, membres de la BM sachent faire leur travail, loin de toute conspiration montée par des acteurs suspects de la scène régionale. En l'espèce, le rapport de la BM souffre justement d'une suspicion aggravée de collusion avec des lobbies intéressés par une image détestable de l'Algérie dans le concert des nations.
Le scandale du Doing Business
L'objectif de la manoeuvre n'est autre que d'en éloigner de potentiels investisseurs étrangers. Le mobile des milieux hostiles à l'Algérie étant ainsi identifié, il serait souhaitable pour la BM d'éviter d'entretenir la confusion entre des prévisions insensées et des constats de terrains appuyés par des chiffres consolidés. Même si l'institution de Bretton Woods a le droit de revendiquer une crédibilité acquise au fil des années, il n'est pas moins évident qu'en associant d'improbables catastrophes naturelles au bilan économique de l'Algérie, elle n'a fait rien d'autre que céder aux manigances d'un certain Farid Belhadj, connu pour sa proximité avec le Makhzen. Ce dernier a voulu réaliser une opération de communication mondiale contre l'Algérie. Il a été démasqué et la BM tente dans sa réaction à la charge de la presse algérienne de poursuivre dans une sorte de fuite en avant. Le mieux, pour la crédibilité des prochains rapports de la BM sur l'Algérie, est d'en éloigner Farid Belhadj.
Mais il faut dire que cette solution demeurera partielle, pour la simple raison que l'Algérie n'est pas le seul pays mal noté et dont l'économie est sous-considérée. D'autres pays qui ne partagent pas des orientations stratégiques de certaines puissances du moment, subissent le même traitement et l'ont fait savoir. La réaction de la BM aux critiques de la presse algérienne n'y changera rien. Les vérités doivent être dites, à savoir que la crédibilité de l'institution de Bretton Woods doit être estimée à l'objectivité réelle de ses rapports.
Cela est d'une actualité brûlante, lorsqu'on sait que cette même BM a admis de graves irrégularités flagrantes dans le Doing Business qui classe le climat d'affaires de 190 pays dans le monde. Elle a décidé de cesser de l'établir. À ce propos, il faut savoir que l'Algérie est classée au 157e rang, loin derrière le Maroc qui pointe à la 53e place, la Tunisie à la 78e. Pourtant, l'Algérie est désendettée, avec des réserves de change de plus de 40 milliards de dollars et dispose de la meilleure infrastructure de base de la région. Les autres pays du Maghreb sont criblés de dettes et font des déficits commerciaux immenses.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Saïd BOUCETTA
Source : www.lexpressiondz.com