Alger - A la une

Verdicts enivrants



Pour avoir volé des citernes de vin, des gus ont écopé de lourdes peines alors que d'autres...
Tous les moyens sont bons pour se faire du fric. Et du gros fric. Des billets roses, bruns et bleus et même violets. Un gars très inspiré a eu la géniale idée de se faire des tonnes de dinars en volant des citernes de...vin rouge à Bourkika (Hadjout) avant de remplir des milliers de bouteilles en prenant soin de placer des étiquettes «Marque déposée». Et au passage, ce gars très inspiré a pu sucrer des gardiens de l'unité des boissons alcoolisées. Et en les sucrant, il les a motivés. Sachant que la paie est de...deux mille dinars/mois, il en offre à chaque vol de citernes pleines de la boisson préférée de Bacchus, dix-neuf fois le montant de la fiche de paie à chaque gardien. Et comme ils étaient quatre, imaginez combien il a casqué à chaque sortie du camion dont le chauffeur est lui aussi «sucré». Le propriétaire du camion, responsable moral inculpé, ignorait tout des va-et-vient du poids lourd: on n'en parlera pas!
Côté gendarmes, c'est le boulot effectué à cent à l'heure, le travail de...fourmi. Lors de la présentation devant le procureur, on aurait cru à une affaire criminelle. Il y avait de tout: association de malfaiteurs, vols répétés, dilapidation de biens publics, corruption, non-dénonciation de délits, complicité de dilapidation de biens publics, complicité de vols. Il ne manquait plus que la partie civile qu'on aurait pu traîner pour mauvaise gestion, laxisme et autres laisser-aller. Mais grâce au valeureux Chadli Benjedid, l'article «421» a été abrogé car trop de cadres, il y a trente et quelques années, avaient souffert, souvent étant plus blancs que la blancheur des dents...
Le procureur, lui, étant aux yeux de la loi, le chef de la police judiciaire n'y a vu que du feu. Tous les délits sont retenus. Et c'est la patiente Sihem Benmlouka, la juge du siège de l'audience du mardi du tribunal de Hadjout (cour de Blida) qui allait se farcir des chemises cartonnées, des «21X27», des 21X31, des procès-verbaux d'auditions des inculpés, de la partie civile et des témoins avant de se (re) farcir sept, voire huit plaidoiries outre le réquisitoire de la douce Amel Tahi, la représentante du ministère public.
Et cette président a beaucoup d'allant et de clairvoyance pour ficeler ce qu'elle a à faire en un peu plus de deux heures.
C'était certes long comme procès et les débats ont été très légers tant l'évidence y était. Une semaine de mise en examen permet à la juge de s'en sortir sans trop laisser du mauvais sang. Elle a dû tourner et retourner ses notes prises à l'aise et donc décidé ainsi:
-Les deux gardiens ont écopé de trente mois d'emprisonnement dont dix-huit fermes.
-Alors que Lagab Samir a été condamné à une peine de quatre ans dont trente mois ferme, son frère Hacène a bénéficié de la relaxe attendue par son excellent avocat d'Alger, Maître Kamel Siari qui avait plaidé en premier et dominé tout son monde de la tête et des épaules.
-Hadj enfin a dû souffler de plaisir avec la relaxe et surtout d'avoir échappé à l'incarcération car Amel Tahi l'éblouissante procureure avait réclamé le mandat de dépôt à l'audience.
D'ailleurs le parquet a interjeté appel aussitôt. Sihem Benmlouka, la juge elle, avait lu les décisions sur un ton serein, un ton égal à sa compétence...
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