En voiture, en téléphérique ou à pied, la splendeur de l'Opéra italien est à votre portée, au palais de la culture Moufdi-Zakaria de Kouba où se tient une magnifique exposition (du 13 au 19 juillet) passée par Annaba en juin. Intitulée sobrement «Hommage à Verdi», elle parcourt le monde pour célébrer le bicentenaire, cette année, de la naissance de ce géant de la musique universelle loué par l'Italie et le reste de la planète.Ceux qui ne connaissent pas Giuseppe Verdi (1813-1901) ont certainement, et plus d'une fois, entendu et vu l'une de ses sublimes 'uvres que le cinéma a immortalisées et que la radio et la télévision diffusent depuis leur invention. L'auteur de La Traviata, Aïda, Rigoletto, Nabucco, pour ne citer que ces opéras, reste sans doute moins connu que ses créations, ce qui s'explique peut-être par leur immense popularité internationale. La vie de ce génie mérite pourtant le détour par les péripéties de son extraordinaire engagement artistique, mais également ses combats éthiques et patriotiques puisqu'il a été l'une des figures principales de l'unité de la nation italienne.
Pour autant, l'exposition organisée par l'ambassade d'Italie et l'Institut culturel italien d'Alger, en collaboration avec le ministère algérien de la Culture, ne propose pas une approche biographique du personnage, mais sa découverte à travers des pièces originales dont certaines remontent au début du siècle passé. Des esquisses de décors, véritables 'uvres d'art, nous montrent tout le soin apporté aux scènes d'opéra où l'on doit combiner le talent artistique et un sens aigu de la scénographie. Ces tableaux sont signés par de grands noms dont Luchino Visconti qui a généreusement utilisé l''uvre de Verdi dans ses films (Le Guépard, Senso').
Au milieu de ces esquisses, souvent très achevées, une collection de 18 authentiques costumes d'opéras portés par les plus grands ténors et cantatrices de Verdi. Le plus ancien est ce costume du personnage de Caramba de la version de 1916 de Aïda, soit quinze ans à peine après le décès de Verdi. Les amateurs de coupes, broderies, et autres magnificences couturières en auront pour leur temps. Ces costumes qui font rêver, comme l'ensemble des éléments de l'exposition, ont été fournis par le Théâtre de l'Opéra de Rome, institution prestigieuse dont le directeur des archives historiques, Francesco Reggiani, nous signale qu'elle conserve une collection de 84 000 costumes et 11 000 esquisses !
L'exposition comprend aussi des affiches d'époque et un écran vidéo diffusant des actes d'opéras de Verdi. L'ouverture en journée et après la rupture du jeûne permet toutes les programmations pour cette découverte enrichissante. De plus, signalons une exposition-vente d'artisanat algérien et, dans le patio du Palais de la culture, des concerts. Seul bémol à cette offre de raffinement et de créativité : un café improvisé sous les arcades et complètement indigne du lieu, autant par son aménagement que par son service. Rien n'est moins culturel qu'un café !
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ameziane Ferhani
Source : www.elwatan.com