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Université Alger 3 : un chef de département limogé !



Les jours se suivent et se ressemblent à l'université Alger 3 dont la réputation est écornée par des scandales à répétition : quelques jours seulement après le refus de l'administration d'autoriser une conférence du sociologue, Nacer Djabi sur les élections, dans le cadre d'une journée d'étude, un des organisateurs, Rabah Laroussi, chef de département à la faculté des sciences politiques, a été licencié de son poste, sans motif apparent.Sur sa page facebook, cet enseignant raconte dans le moindre détail les péripéties qui ont entouré l'interdiction qui ne dit pas son nom de la conférence que devait animer Nacer Djabi. "Mercredi soir (la veille de la conférence), le doyen m'a contacté pour demander à Djabi que sa présence n'était pas possible. À ma question sur les motifs : il me répond, ce sont des instructions venues d'en haut..." "Comme il fallait appliquer et en l'absence d'arguments à présenter, des collègues ont appelé en vain Djabi, avant de lui envoyer un message et la suite est connue de tous", écrit Laroussi.
Par "acquis de conscience", tient-il à préciser, il rappelle que la journée d'étude a été organisée par le conseil scientifique et le programme arrêté par la commission scientifique. "Ce programme a été remis au doyen qui n'a exprimé aucune objection. De temps à temps, je me rendais à son bureau pour m'en assurer et à aucun moment il n'a fait de commentaire. Il a même dit que c'est excellent." Selon Laroussi, le programme a même été affiché quatre jours avant la conférence y compris sur le site de la faculté. "Voilà ce qui est arrivé en détail. Nous ne sommes pas responsables de qui est arrivé et de ce qui s'est dit ou se dit en dehors de ce cadre. C'est pour l'histoire que j'écris", témoigne Laroussi. Comme au lendemain de l'empêchement de sa conférence, le sociologue Nacer Djabi n'a pas manqué de réagir en saluant le courage du jeune enseignant "qui a sauvé son honneur" et qui a été "sacrifié comme victime expiatoire par les ?agents du makhzen' qui dirigent l'université", a écrit Nacer Djabi sur sa page facebook. "Ce que n'a pas prévu ?l'agent du makhzen' qui a pris la décision de violer les libertés académiques et l'honneur de l'université est que Rabah Laroussi allait parler, révéler le scandale et témoigner que la décision le dépassait mais que des instructions venues ?d'en haut' devaient être appliquées, comme affirmé par le ?mkhazni', le doyen de l'université", souligne Djabi. "Qui est responsable de la décision d'interdiction de la conférence et quelle est la position du ministère de tutelle après ce témoignage de Rabah Laroussi qu'on veut sacrifier et dont on veut attenter à sa réputation '", s'interroge Nacer Djabi.
"L'abus d'autorité et l'interdiction sont-elles appelées à se développer et à s'étendre '", se demande-t-il. "Mieux encore, quelle est la position de la famille universitaire face à ces pratiques qui n'honorent ni le pays, ni l'université ni ce qui lui reste de réputation '", conclut le sociologue.
Karim Kebir
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