Le soutien absolu du président Tebboune au recteur de la Grande Mosquée de Paris, Dr Chems Eddine Hafiz, dans la gestion de cet édifice spirituel historique est un message fort aux parties qui ne se fatiguent pas de créer un climat conflictuel au sein des musulmans de France, une communauté estimée à plus de 5 millions d'âmes. Ce n'est pas pour rien que les termes du communiqué de la Présidence rendu public à l'issue de l'audience accordée, jeudi dernier, par le président de la République au recteur de la Grande Mosquée de la Paris, sur demande de ce dernier, mettent en clarté ce message. Faire en sorte qu'il retienne le plus l'attention à côté des « généralités» ayant été abordées lors de cette audience, à l'enseigne des orientations prônant la poursuite des efforts et de hisser les performances de la Grande Mosquée de Paris, à travers l'adoption du juste milieu et la lutte contre le radicalisme et l'extrémisme.La guerre de suprématie sur l'Islam en France est monnaie courante. Plusieurs organisations, chacune sous l'influence d'un courant particulier, souvent en antagonisme entre algérien, marocain, saoudien, turc…, devenues pour certaines des nids d'espions, cherchent à avoir le dernier mot quand il s'agit d'enjeux stratégiques, lobbyistes. La virée du recteur de la Grande Mosquée de Paris à Alger peut-elle s'inscrire hors de ce cadre de la complexité de la mission de cette institution que d'autres cherchent à tout prix à détruire, sans gêne pour le faire savoir' Des problèmes, il y en a donc à satiété, mais c'est la dernière initiative de la Grande Mosquée de Paris, à savoir l'installation au mois de novembre dernier d'un Conseil national des imams (CNI), qui concentre pour le moment les tirs nourris du président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Mohammed Moussaoui, un franco-marocain, qui visent à influencer la pratique de l'Islam en France, selon des médias français.
Le concerné a montré toute son animosité à l'égard de ce nouveau Conseil national des imams, soutenu par l'Elysée et trois fédérations musulmanes, en l'occurrence le Rassemblement des Musulmans de France, Musulmans de France (ex-UOIF proche des Frères musulmans) et la Fédération Française des Associations Islamiques d'Afrique, des Comores et des Antilles (FFAIACA), qui ont quitté le bureau exécutif du Conseil français du culte musulman (CFCM) en mars dernier, parties prenantes de ce nouveau-né dans le paysage religieux français, qui a pour mission d'accompagner la vie professionnelle des imams et des morchidate en France. Tout se jouera le 12 décembre 2021, date fixée par le président du CFCM pour mettre en place un Conseil national des imams « parallèle ». Qui soutiendra ou suivra cette initiative du franco-marocain ' Son autorité, très contesté au sein des fidèles, le concerné joue son avenir à quitte ou double.
Dans le cas d'un échec pour rassembler autour de lui des opposants à la création du CNI par la Grande Mosquée de Paris, il devrait par décence quitter le CFCM et laisser les musulmans de France s'organiser dans l'union, sous l'égide de fédérations crédibles, et donner autorité à des interlocuteurs convenables face aux pouvoirs publics français. Dans ces moments marqués en France par une campagne présidentielle précoce, où les thèmes de l'Islam et de l'émigration dominent les débats entre les candidats potentiels, les musulmans ont plus que jamais besoin d'unir leurs voix.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abdelkrim Zerzouri
Source : www.lequotidien-oran.com