La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a pour tradition de clore sa visite dans un pays étranger par une conférence de presse durant laquelle il est loisible pour les journalistes de lui poser des questions auxquelles ils estiment n'avoir pas eu réponse dans les communiqués officiels. A Alger, la secrétaire d'Etat a dérogé à cette tradition en faisant l'impasse sur le point de presse attendu fébrilement par les médias couvrant sa venue à Alger. Ce faisant, elle s'est épargnée d'avoir à être confrontée à un délicat questionnement sur le but de sa visite en Algérie et sur les résultats auxquels elle aurait abouti.
Sur ces deux points, la déclaration qu'elle a faite à la presse à l'issue de l'entretien que lui a accordé le président Bouteflika n'a rien eu d'éclairant. Elle a certes confirmé que la question de la situation au Sahel a été au centre de l'entretien qu'elle a eu avec le chef de l'Etat, mais s'est gardée de révéler la teneur de leur échange. Pourtant des médias se sont empressés de déceler dans les généralités qui ont émaillé sa déclaration sur cette situation au Sahel comme éclairant de l'identité de vue sur le problème qu'auraient Alger et Washington. Il nous semble quant à nous que cette identité de vue est surfaite par ces médias, sinon Hillary Clinton n'aurait pas fait l'impasse d'une conférence de presse.
Il est d'autres sujets qui ont certainement été aussi abordés au cours de l'entretien qui peuvent avoir donné lieu à de «franches discussions» mais sur lesquels elle n'a pas voulu courir le risque d'être interrogée par les journalistes. Peut-on en effet s'imaginer que le président Bouteflika et son hôte se sont limités au seul entretien sur la situation au Sahel et au Mali en particulier sans ouvrir le dossier du Sahara Occidental qui pour Alger est un dossier névralgique qu'elle ne peut pas ne pas mettre sur la table dans une occasion aussi exceptionnelle que la visite à Alger de la secrétaire d'Etat américaine. Cela d'autant que cette visite coïncide avec celle que vient d'entamer dans la région l'émissaire particulier du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.
Hillary Clinton n'a pas dit un mot sur le sujet. Ce qui laisse à penser que sur celui-ci aussi l'identité de vue n'a pas été au rendez-vous dans l'entretien Bouteflika-Clinton. L'hypothèse que nous suggérons suite à la visite à Alger de la secrétaire d'Etat c'est celle d'un rapprochement effectif entre les deux pays mais dont le moteur est celui des affaires et non des identités de vue sur les dossiers cruciaux de politique internationale.
Le «dialogue stratégique» engagé entre l'Algérie et l'Amérique a peut-être de l'avenir, mais il nous semble que le moment choisi pour l'ouvrir n'a pas été opportun. Dans la mesure où l'administration américaine avec laquelle les Algériens ont entamé ce dialogue peut ne plus être aux affaires après l'élection présidentielle américaine du 06 novembre. Ce qui explique le mutisme des deux parties sur le contenu de l'entretien qu'ont eu Bouteflika et Hillary Clinton.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kharroubi Habib
Source : www.lequotidien-oran.com