Opération - Les familles de ces pauvres malheureuses recevaient, souvent par le biais de la même filière, enveloppes, petits cadeaux et, bien sûr, les nouvelles de leurs petites.
L'entreprise Mory à Alger avait, avant l'indépendance, quasiment le monopole du transport de machandises du centre du pays.
Elle avait des bureaux un peu partout en plus des nombreuses aires de stationnement dans la banlieue. Grâce à cette situation privilégiée où les petits concurrents ne faisaient pas le poids, la société pouvait aligner jusqu'à 50 camions tous tonnages.
Elle se diversifiera au point de créer une autre société, encore plus juteuse : le transport des voyageurs.
Curieusement, la plupart des chauffeurs étaient musulmans. Non pas que Mory soit devenu libéral, mais parce qu'ils lui coûtaient moins cher que les Européens.
Ajoutez à cela qu'il faut payer à l'Européen des frais d'hôtel dans le cas des grandes distances alors que le musulman pouvait passer la nuit dans le car, dormir au bain-maure ou chez l'habitant.
Et c'est là qu'interviennent les vieilles familles algéroises les plus cossues et les plus connues.
Elles prenaient discrètement contact avec des chauffeurs et leur demandaient, contre commission, de leur procurer, dans ces villages lointains de l'arrière-pays, des domestiques et des bonnes à tout faire à temps plein.
Elles promettaient qu'elles seraient nourries, blanchies et hébergées et bien rémunérées.
Et il faut croire que le montage de cette opération a bien marché et même très bien fonctionné puisque les familles de ces pauvres malheureuses recevaient souvent, par le biais de la même filière, enveloppes, petits cadeaux et, bien sûr, les nouvelles de leurs petites.
Quelques-unes auraient même été adoptées, d'autres ont vu leur situation sociale légèrement améliorée et certaines se sont mariées à Alger et ont créé des familles à leur tour.
Leur trace a complètement disparu, bien sûr.
L'une d'elles, qui a quitté son village natal, il y a 60 ans, est encore vivante.
Elle a été aperçue il n'y a pas si longtemps à la rue Ben M'hidi. Aujourd'hui que le temps a fait son 'uvre, doit-on considérer ces chauffeurs comme des agents de placement sans c'ur ou, au contraire, comme de bons samaritains '
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Info Soir
Source : www.infosoir.com